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Excelsior 31 octobre 1924


Hier matin, à 6 h. 20, les locataires de l'immeuble sis 58, rue de la Chaussée-d'Antin, étaient réveillés en sursaut par une formidable explosion qui ébranlait l'immeuble. Le bruit éveillait également les locataires de tous les immeubles voisins. Une fumée opaque, des nuages de poussière et de gravats se répandaient dans la cour de l'immeuble. Une forte odeur de gaz s'y mêlait.

Les pompiers de la caserne de la rue Blanche, accourus en toute hâte, n'eurent à combattre qu'un commencement d'incendie vite éteint et à noyer les décombres.

Des membres du haut personnel de la Société du gaz et de la C. P. D. E. arrivés sur les lieux s'apprêtaient à donner les indications nécessaires à la sauvegarde des appareillages des caves lorsqu'une seconde explosion formidable se produisit. Elle s'était produite, celle-là, dans le sous-sol de l'immeuble portant le n° 62. L'accès des caves entièrement démolies était devenu impossible. L'explosion avait causé des dégats particulièrement importants dans le magasin de M. Cauderlier, opticien et la brasserie de M. Vernet qui fait l'angle de la rue de la Victoire.
La trappe et la porte de l'escalier de la brasserie furent emportées et la déflagration démolit la devanture sur une longueur de cinquante mètres. Le garçon de salle, M. Eugène Degorce, vingt-cinq ans, demeurant 8, rue Ganneron, fut relevé blessé. Transporté à Lariboisière, son état ne fut pas jugé grave.

Dans l'intérieur de la brasserie, tout est dévasté. Les dégâts sont estimés à 350.000 francs. Dans la boutique de M. Cauderlier, opticien, le carrelage du magasin a été soulevé à 0m, 80 de hauteur.
Appareils photographiques et instruments d'optique ont été détruits par l'explosion. Mais le personnel n'étant pas encore arrivé, il n'y a aucune victime à déplorer.

A côté, le magasin de Mme Pauline, modiste, a également eu beaucoup à souffrir. La verrière de l'atelier a été complètement détruite. Et au sixième étage du même immeuble une véranda vitrée a été également brisée et une porte arrachée.

Les premiers résultats de l'enquête du personnel du gaz et de l'électricité font supposer qu'un câble électrique souterrain touchant une conduite de gaz aura déterminé un court-circuit, fondant le plomb de la conduite et enflammant le gaz qui s'échappait. Les dégâts doivent dépasser deux millions.

En photos

ASPECT EXTERIEUR DE LA BRASSERIE, DONT LES VITRES SONT BRISEES. LE CARRELAGE DU MAGASIN DE L'OPTICIEN, UNE DES VITRINES DU MAGASIN DE L'OPTICIEN.

58, rue de la Chaussée-d'Antin à 6h20

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