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Paris-Soir 05 octobre 1924


Au Grand-Palais, le XIX Salon Automobile

Le XIX Salon Automobile

Nous voici déjà à la troisième journée du Salon, qui sera bien près d'être terminée au moment où nos lecteurs parcourront ces lignes. Et l'on peut dire que ces trois premières journées auront été bien remplies: jeudi, première prise de contact: vendredi, inauguration par le Président Doumergue, jour chic, et, après le dîner, une soirée qui fut très brillante; aujourd'hui samedi, enfin, nombreuses visites populaires.

C'était, en effet, la première fois depuis son ouverture qu'on pouvait entrer au Grand Palais pour 5 francs seulement, les jours précédents ayant fonctionné au tarif double. Cette diminution de prix coïncidant avec le jour de la semaine anglaise a amené, comme on pouvait s'en douter, un très nombreux public, et intéressant, dans la grande exposition. Beaucoup de gens appartenant à l'industrie automobile, ouvriers des usines et, parfois, ceux-là même qui avaient travaillé au montage des châssis exposés, sont venus admirer leurs enfants, voire critiquer ceux des autres et quelquefois sans indulgence. La soirée d'hier, d'autre part, fut des mieux réussies et le Grand-Palais, inondé de lumières, présentait un coup d’œil féerique. Non seulement les leaders de la construction automobile se trouvaient sur leurs stands, mais encore de nombreuses personnalités du monde sportif ou théâtral s'étaient donné rendez- vous au Grand-Palais. Ce fut bien mieux, bien plus animé et plus chic que l'année précédente, et la cause du Salon jouant en nocturne semble désormais gagnée, ce qui permet de prévoir un beau succès pour celle de vendredi prochain.

Henry Dudon.

EN "FILANT" LE TRAIN... PRÉSIDENTIEL !


Grande première hier ...
Les constructeurs recevaient Son Excellence M. Doumergue, premier magistrat de la République. 10 h. 30, les voitures républicaines apparaissent... on dégage les abords du Grand Palais, doucement, sans heurts, il faut cependant bien que quelques officiers de paix crient intempestivement, même s'il n'en est nul besoin... drôle de mentalité... excès de zèle ou nervosité ? Tapis rouge... gardes républicains... pourquoi n'ont-ils pas leurs culottes de peau ?... probablemnt parce que, comme les jolies femmes, nos braves gardes ne « se mettent en peau » que pour les soirées à grand tralala!

Chapeaux haut-de-forme, jaquettes... le Président a le sourire et un mot aimable pour chacun. Et c'est le défilé... on se presse, c'est à celui qui attrapera au vol un mot du Président et le consignera sur ses tablettes.
Il y a décidément quelque chose de changé... le Président veut tout voir, il s'arrête partout, se fait montrer les nouveautés et, pendant une heure et demie,« piétinera les carpettes » (selon la formule d'un de nos confrères), suivi de quelques ministres, du général Gouraud et de la foule des plumitifs en mal de copie... Nous sommes bien loin du coup d'œil rapide et du passage en coup de vent des prédécesseurs de M. Doumergue !

La ronde continue... on arrive au buffet.... le Président poussera-t-il l'amabilité jusqu'à offrir quelque chose à tous ceux qui l'accompagnent, sourient, saluent et s'inclinent avec lui... Non, non, on passe, on est passé... Daniel Cousin et d'autres sont navrés... La vie n'est décidément faite que d'illusions !!

Il fait grand jour et, cependant, le Grand Palais est éclairé « à giorno ». La visite présidentielle et le coup d’œil d'ensemble ne gagneraient-ils à avoir lieu dans la soirée ?
On passe devant Duniop... tout le monde sur le pont et... toutes ces dames au balcon, elles étaient trois qui se ressemblaient comme trois sœurs, vêtues chacune de chandails jaunes à parements noirs et blancs... L'écurie Dunlop a grande allure...

On suit... on suit éperdument... tout à coup, une firme connue, fait distribuer des prospectus par un Fratellini ou un sosie... Un peu lugubre, cette apparition clownesque, dans la grande lumière du matin !

Puis, on passe devant l'exposition du cycle... On reconnaît des têtes qu'on voit sur toutes les pistes, dans toutes les manifestations, cyclistes... Puis, on redescend... A mi-chemin de l'escalier central, on est fusillé à bout portant par les photographes et opérateurs de cinéma... Aimablement, M. Doumergue et ses suivants posent devant les objectifs... Lentement, le cortège s'allonge vers la sortie... Re… gardes municipaux, sabres au clair... Les voitures présidentielles s'avancent... Quelques paroles d'au revoir... Midi... La visite présidentielle est terminée... Le 19e Salon est ouvert officiellement. - .
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A TRAVERS LES STANDS

Alfa Roméo
La splendide victoire d'Alfa Roméo dans le Grand Prix de l'A. C. F. à Lyon, est encore présente à toutes les mémoires et il est inutile de la rappeler. La foule se presse autour du Stand fameux en admirant les châssis exposés dont le 5 cylindres retient particulièrement l'attention des connaisseurs. On attend avec impatience, comme un trophée, la voiture de Campari…

L'Exposition de Th. Schneider
Th. Schneider, le grand constructeur de Besançon, a la sagesse de ne faire qu'une seule chose pour la bien faire: sa 10 CV, type de châssis robuste, Sa 10 CV tourisme, moteur 4 cylindres 72 X 120 4 vitesses. Carburateur Zenith. Transmission par cardan centré. Freinage puissant. Direction irréversible et réglable.

Le Président chez Peugeot
M. Robert Peugeot et les administrateurs délégués de la Société, MM. Koechlin et Rosengart, ont reçu M. Gaston Doumergue, Président de la République, à leur stand du Grand-Palais. Vivement intéressé par la présentation originale d'un châssis 10 HP, monté sur deux axes et présentant toutes ses faces à l'admiration des connaisseurs, M. Doumergue emporta, en se retirant, le premier exemplaire que lui remit M. Robert Peugeot, d'un curieux catalogue édité en anaglyphes.

Terrot
La Marque dijonnaise dont le réseau de 1.200 agent s'étend sur toute la France, expose au Salon (Stand 87, balcon V), la gamme complète de ses fabrications (bicyclettes et motocyclettes). La production de Terrot, justement renommée, a toujours été de premier ordre, et le développement de ses affaires qui a entraîné celui de ses usines en est la meilleure attestation.


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