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Paris-Soir 19 octobre 1924


Il y a deux remèdes à la crise

ARAIGNEES DU SOIR

A PIED

Il y a deux remèdes à la crise dont souffre la circulation. Le premier, que j'ai eu déjà l'honneur de vous exposer, serait de laisser aller les choses. Dans quelques mois, la surface additionnée des véhicules étant devenue supérieure à la superficie totale des rues, il en résultera un embouteillage définitif. Alors nous n'aurons plus qu'à poser des planches sur le toit des voitures immobilisées pour permettre aux piétons de passer.

Le second remède, ce sont ces messieurs de l'Hôtel de Ville qui viennent de le trouver. Il réside dans la suppression des tramways. Examinée froidement, cette panacée fait plutôt figure de simple palliatif. Supprimer les tramways, c'est bien pour commencer, mais pour commencer seulement. Si l'on s'en tient là, les autos de tous calibres vomis par les usines suburbaines à la cadence de trois cent quatre-vingt-sept à la minute auront tôt fait d'occuper la place abandonnée par les malheureux trams, et nous n'en serons pas plus avancés. La condamnation des tramways doit donc être immédiatement suivie de l'abolition des autobus, précédant elle-même la proscription des taxis laquelle annoncera l'exclusion des tacots particuliers, l'idéal étant de rejeter tous les véhicules au-delà des fortifications avec interdiction d'en repasser les portes. Seuls, les infirmes, les petits enfants et les primeurs conserveraient le droit de se promener en petite voiture dans les rues.

Et les gens pressés ? dira-t-on. Eh ! les gens pressés de ce temps-là feront comme ceux d'aujourd'hui, ils iront à pied. -Tout cela est une plaisanterie ! Bien sûr, mais c'est dommage ! Vous représentez-vous quel éden deviendrait Paris enfin débarrassé de tous les sales trucs qui roulent actuellement sur le pavé ?

Bernard GERVAISE.


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