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Un don de M. Clemenceau
M. Georges Clemenceau vient d'offrir à la ville de Versailles, pour le musée Jean Houdon, une bague que portait Jules Favre, lors de l'armistice qui mit fin aux hostilités en 1871. Les souvenirs qui se rattachent à ce bijou sont assez précis. Jules Favre la tenait d'un Naundorff qui, peu de temps avant sa mort, avait voulu témoigner sa reconnaissance à son avocat. Quand il fut appelé à signer l'armistice du 28 janvier, rue de Provence, à Versailles, dans l'hôtel de Mme de Jessé, Jules Favre se trouva fort embarrassé, le sceau de l'Etat français étant resté à Paris. Un article ajouté au dernier moment prescrivait, en effet, aux deux plénipotentiaires, Jules Favre et Bismarck, de sceller l'acte de leurs sceaux respectifs. Comme le ministre français proposait d'envoyer un secrétaire à Paris, Bismarck objecta que la perte de temps serait grande et déclara se contenter de l'apposition du cachet personnel de son interlocuteur. Ce cachet n'était autre que la bague qui vient d'être remise au musée Jean Houdon. Le maire de Versailles a aussitôt fait placer ce bijou historique parmi les autres souvenirs déjà donnés par M. Clemenceau et concernant la signature de la paix 1919.
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