| Excelsior 31 octobre 1924 |
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MM LES FONCTIONNAIRES chargés d'assurer la conservation de nos parcs et de nos palais nationaux n'ont pas une bonne presse en ce moment. Depuis que M. l'architecte Chaussemiche, désireux de lutter contre la vie chère, a voulu faire baisser le prix du combustible en abattant les arbres de Versailles et montrer ainsi aux suppôts de l'ancien régime de quel bois se chauffe une république, on a découvert plus d'un sujet de plaintes dans la façon dont les jardins et les domaines de l'Etat sont administrés. La forêt domaniale de Rambouillet est gérée par ses gardes avec une âpreté financière vraiment excessive. On sait qu'au printemps on y fait payer une taxe à Jenny l'ouvrière lorsqu'elle vient y cueillir du muguet. Mais, cette période de recettes étant relativement courte, on a trouvé mieux. Pour que l'automne enrichisse également l'administration, on prétend rançonner de même les promeneurs qui ramassent des champignons. Pendant ce temps, dans le parc de Saint-Cloud, les gardes se sont mis à faire la chasse aux peintres. Le passant qui peut jurer qu'aucune préoccupation esthétique ne le guide dans sa promenade a le droit de circuler librement, mais notre république athénienne exige une rançon de tous les artistes qui osent venir puiser dans ses jardins des motifs d'inspiration. Vous verrez que, si l'on n'arrête pas nos ingénieux fonctionnaires dans cette course au droit de péage, ils nous feront payer l'an prochain une taxe spéciale d'oxygène forestier et nous obligeront à prendre un ticket de parfum pour avoir la permission de nous pencher sur une rose. EMILE. |
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