| Paris-Soir 01 octobre 1924 |
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ARAIGNÉES DU SOIR L'Association Générale des Étudiants fait savoir aux intéressés que nombre de ses membres accepteraient volontiers quelque emploi susceptible de leur assurer un utile supplément des ressources. Cette note, reproduite par la presse, va fournir à certains confrères l'occasion de déplorer une fois de plus, la misère des temps où l'on voit des jeunes gens, voués aux pures spéculations intellectuelles, contraints de gagner leur pain en de grossiers travaux. A mon avis, cette obligation n'est pas si regrettable. D'abord, on aurait tort d'y voir une nouveauté, de tout temps, les étudiants peu fortunés ont dû se débrouiller pour suppléer à l'insuffisance de la pension familiale et ce n'est pas toujours ceux-là qui, par la suite, sont arrivés le moins haut. Le seul inconvénient d'une telle situation, c'est qu'elle met l'étudiant pauvre en état d'infériorité passagère vis-à-vis de son camarade riche. Aussi faudrait-il souhaiter que l’exception devînt la règle et que fût imposée à la jeunesse des écoles une sorte de stage accompli dans ce qu'on appelait jadis les « professions mécaniques ». D'abord, il n'y aurait rien de tel pour éprouver la solidité de certaines vocations, ensuite, jamais plus belle occasion ne pourrait être offerte aux écoliers d'acquérir cette expérience de la vie sans laquelle l'homme le mieux imprégné de connaissances livresques n'est autre chose qu'un dangereux ignorant. Il n'est pas mauvais qu'un futur professeur, un futur magistrat, un futur ministre connaisse autrement que par ouï-dire, l'existence des vagues humanités qui n'exercent pas une carrière libérale. Bernard GERVAISE. |
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