| Journal des débats 16 octobre 1924 |
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L'émotion à l'étranger Le gouvernement allemand a adressé ses condoléances au gouvernement français à l'occasion de la mort d'Anatole France, et MM. Quidde, von Gerlach et Stoecker ont adressé à M. Paul Painlevé, président de la Chambre des députés, en le priant de le transmettre à la famille de M. Anatole France, le télégramme suivant En Italie, la presse continue à consacrer de longs articles au maître disparu. En Espagne, la Vos parle de la sensibilité et de l'érudition d'Anatole France, le Heraldo écrit : « C'était un maître de l'intelligence. » Pour l'A. B. C., Anatole France, « patriote fervent, amoureux du prestige de son pays malgré son panache, citoyen du monde, ne se départit jamais de la politesse traditionnelle française. Ses bannières de combat eurent toujours les plus douces couleurs de la compréhension et de la tolérance.» Vienne, la Nouvelle Prèsse dit qu'Anatole France incarnait la mission «mondiale» de l'esprit français. Le Neue Wiener Tagblatt publie un grand article de Mme Richter, professeur de philologie romane, dans lequel Anatole France est appelé le roi incontesté de la prose. En Hollande, les journaux de toutes les opinions s'accordent à voir dans l'écrivain disparu le pur miroir du génie littéraire de la France; beaucoup s'appliquent à montrer quels trésors de bonté étaient le fond de ce grand sceptique et disent qu'il aura été un des esprits les plus nobles et les plus généreux de la France démocratique. Quelques personnes catholiques lui font grief du caractère irréligieux et révolutionnaire de son œuvre et de ses idées.. |
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