| Le Journal des débats 07 octobre 1924 |
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La suppression de Biribi Nous avons publié avant-hier l'arrêté par lequel le général Nollet, ministre de la guerre, a constitué une commission qui doit procéder d'urgence à l'inspection des établissements pénitentiaires militaires de l'Afrique du Nord. Cette commission, composée de magistrats, d'officiers et d'un médecin, doit s'embarquer incontinent. Une enquête s'imposait et il importe qu'elle soit activement et sérieusement conduite. Des récits publiés récemment ont dénoncé de trop horribles abus pour qu'il ne soit pas indispensable de connaître la vérité. Il conviendrait pourtant d'attendre avec confiance le résultat de cette enquête. La hâte même avec laquelle les membres constituant cette commission se proposent de se rendre sur place indique leur légitime souci de se renseigner rapidement. Un de nos confrères montrait hier une certaine vivacité et affirmait que « la suppression de Biribi est un une mesure immédiatement nécessaire et que l'ouverture d'une enquête nouvelle est un procédé dilatoire parfaitement inadmissible ». Il ajoutait encore : « Personne n'a plus. rien à apprendre. » Une pareille impatience, si elle est légitimée par les excès dont il a été parlé, est pourtant peu raisonnable. Peut-on sans légèreté supprimer toute une institution sur le rapport d'une enquête absolument officieuse, faite par un journaliste dont la bonne foi ne peut être mise en doute, mais qui a pu être trompé par des récits de condamnés dont il ne faudrait pas croire que la parole est toujours pure de tout mensonge. Faut-il supprimer Biribi? Nous le saurons bientôt. Faut-il en modifier l'organisation? Les enquêteurs nous le diront. Lorsqu'ils auront terminé leur rapport et qu'on aura pu lire le résultat de leurs observations, il sera temps de prendre une décision. Il a suffi de quelques semaines à M. Albert Londres, qui est un bon journaliste, pour juger de tout; il ne faudra pas plus aux membres de la commission, qui sont de bons magistrats et des officiers éclairés, pour contrôler ce qu'il a vu. M. G. |
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