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LA COMMISSION DES FINANCES se prononce pour la suppression de l'Ambassade auprès du Vatican Elle ajourne sa décision sur les relations avec les Soviets,
Paris, 22 octobre. La commission des finances de la Chambre a entendu cet après- midi M. Herriot sur la suppression des crédits de l'ambassade de France auprès du Vatican, ainsi que sur le rétablissement des relations avec les Soviets. Après le départ du président du conseil, la commission a décidé, par 20 voix contre 12, la suppression des crédits de l'ambassade auprès du Saint-Siège. M. Bokanowski a proposé alors un amendement tendant à affecter un crédit de 100.000 francs pour l'établissement d'une ambassade de France auprès des Soviets. il a expliqué qu'il était partisan de la représentation de la France partout où il y a des intérêts français en jeu et, qu'ayant voté contre la suppression de l'ambassade française à Rome, il demandait que la France fût également représentée à Moscou. M. Léon Blum a immédiatement proposé une motion d'ajournement de cet amendement. Le député socialiste a exposé que la majorité de la commission devait faire confiance au gouvernement en raison des pourparlers en cours pour la reprise des relations avec les Soviets. En conséquence, il a demandé à ses collègues de réserver la proposition de M. Bokanowski jusqu'au moment où le gouvernement proposera de lui-même le rétablissement de l'ambassade de France à Moscou. La motion d'ajournement de M. Blum a été adoptée par 20 voix contre 3: celles de MM. Bokanowski, de Tinguy du Pouët et Desjardins et six abstentions.
Paris, 22 octobre. Voici les passages essentiels du procès-verbal sur la séance de la commission des finances: La commission des finances de la Chambre a entendu le président du conseil, ministre des affaires étrangères, sur les chapitres réservés de son département, notamment sur les crédits relatifs à l'ambassade du Vatican M. Herriot a dit qu'en ne sollicitant pas de crédits au titre des chapitres 9 et 12 du ministère des affaires étrangères, pour l'ambassade du Vatican, il demeurait fidèle à la déclaration ministérielle. Il a expliqué que, selon lui, le maintien d'une ambassade auprès du Saint-Siège n'était justifié ni en droit, ni en fait, quels que fussent les points de vue auxquels on pût se placer. Il a ajouté qu'en ce qui concerne l'Alsace et la Lorraine, on se trouvait en présence, non pas d'un Concordat de droit, mais d'une situation particulière et que le gouvernement traitera toutes les questions se référant à cette situation, au moment venu, avec le plus grand libéralisme. Le président du conseil s'est ensuite expliqué sur la reprise éventuelle des relations avec le gouvernement des Soviets. M. Herriot a indiqué: 1° Les conditions dans lesquelles il pensait faire la reconnaissance de jure pure et simple et qu'il réservera les engagements pris et les traités signés par la France; 2° Les conditions dans lesquelles se ferait la reprise des relations résultant de la reconnaissance et l'examen d'une convention auxquels cette reprise sera subordonnée, notamment en ce qui concerne les créances de la France.
A la suite de l'audition du président du conseil, la commission a statué sur l'amendement présenté par MM. de Tinguy et Serot tendant à l'augmentation du crédit du chapitre relatif à l'ambassade du Vatican. Cet amendement a été rejeté par 20 voix contre 12. M. Bokanowski, après avoir expliqué qu'à son avis la France devait pratiquer partout la politique de la présence, a proposé un crédit provisionnel de 100.000 fr. pour une représentation diplomatique en Russie. Comme on l'a vu plus haut, la motion d'ajournement de M. Blum a été adoptée. Les membres de l'opposition qui ont voté contre la suppression de l'ambassade Vatican, sont: MM. Pietri, de Tinguy, Champetier de Ribes, Bokanowski, Prevet, Bonnefous, Landry, Desjardins, Baréty, de Monicault, Serot et Bureau.
Etaient absents de la commission au moment du vote: MM. Ancel, de Baudry d'Asson, Louis Dubois et Dariac.
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