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L'Intransigeant 16 octobre 1924


Le parc de Versailles saccagé

LE PARC MUTILE

Versailles

Un comité de surveillance est créé
Ainsi, la mutilation du parc de Versailles est encore plus scandaleuse qu'on ne l'avait cru. La visite de la commission des Beaux- Arts sur les lieux du massacre l'a mis hier en évidence.
L'architecte responsable, M. Chaussemiche, s'en était remis au jardinier! Il ignorait les coupes sombres exécutées par celui-ci! Il n'en a eu connaissance que par les journaux !
Qu'est-ce donc que ce fonctionnaire, chargé par l’État de nous conserver les beaux arbres que nous ont légué les siècles (et non pas les maigres charmilles du temps de Louis XIV, comme le faisait très justement remarquer M. André Hallays, hier), ce fonctionnaire qui a son bureau dans le château, à deux pas de la Colonnade de Mansart, et qui ne va pas voir ce que fait son jardinier!

La personnalité de M. Chaussemiche nous est indifférente et nous ne voulons pas être verbalement plus sévère que M. Paul Léon lui-même. Le spectacle de ce fonctionnaire pris en flagrant délit de négligence et d'incompétence était d'ailleurs, hier, une chose pitoyable.
M. Paul Léon rentra très tard à Paris. Il avait voulu tout voir. La splendeur de cette adorable journée, qu'on eût cru d'août, n'eût été la rousseur des frondaisons, mettait encore plus en relief le désastre forestier dont Mme de Sévigné aurait si bien narré la tristesse.
Je ne peux admettre que l'explication d'insécurité, déclara finalement le directeur des Beaux-Arts.
Ce jugement contient implicitement la condamnation de l'architecte : L'immense majorité des arbres abattus par la faute de M. Chaussemiche ne menaçait pas ruine. Le rapport de M. Paul Léon n'est pas encore fait. Dès qu'il le sera il sera transmis au ministre des Beaux-Arts, à qui il appartiendra de prendre une sanction. Étant donné la personnalité du fonctionnaire à frapper, il est probable que le chef du gouvernement sera consulté. Nous croyons savoir, en tous cas, qu'une décision interviendrait d'ici une quinzaine de jours.
D'ores et déjà un comité de surveillance, composé d'hommes compétents, est créé. Il se réunira à Versailles une fois par mois pour étudier les travaux qui pourraient être envisagés.

MAURICE MONTABRÉ.


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