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La campagne entreprise par les ecclésiastiques contre les robes trop décolletées continue avec plus de rigueur que jamais. Chaque jour le Suisse qui veille aux barrières du Sacré-Cœur de Montmartre, met proprement à la porte de la basilique des jeunes filles coupables d'arborer un corsage légèrement échancré où des manches ne couvrant que le haut du bras. Cela ne va pas sans protestation, mais toujours force reste au défenseur de la morale outragée. Et ceci pour la plus grande satisfaction des clientes de l'Agence Cook qui, dans leurs robes montantes et puritaines et dans leurs amples manteaux verdâtres ou caca-d'oie, circulent impunément par groupes dans l'église et font vibrer les voûtes de leurs appels gutturaux. Nos curés pudibonds iront-ils jusqu'à suivre l'exemple d'un de leur confrère belge du Hainaut, qui refusa l'entrée de son église aux dames invitées à une noce parce quelles étaient incorrectement vêtues.
Seuls les mariés et les hommes du cortège purent pénétrer dans la maison du Seigneur pour assister à la bénédiction nuptiale.
L'histoire ne dit pas si leurs conjointes les attendirent au bistro du coin.
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