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L'Écho de Paris 01 octobre 1924


L'exploit aérien du mécano Richard

L'exploit aérien du mécano Richard

Marcel Richard, le mécanicien qui monta, en plein vol, dans le fuselage d'un avion des services Paris-Londres, piloté par Portal, en difficulté au-dessus des terres anglaises et qui se maintint dans cette position périlleuse durant quarante-cinq minutes, pour arriver jusqu'à l'aérodrome de Lympne et assurer un atterrissage sans casse », est un jeune homme de vingt-huit ans, d'abord sympathique, au regard vif, à l'esprit ouvert, originaire de Bordeaux, Pendant la guerre, il fit vaillamment son devoir comme fusilier marin.

Nous le surprenons, au Bourget, au travail sur son avion, dans un des immenses hangars en ciment qui bordent le terrain de l'aéroport. Il a encore la main bandée, à la suite des brûlures que lui causa l'huile chaude échappée du moteur malade.
Il nous raconte avec beaucoup de simplicité son bel exploit, qu'il ne paraît considérer que comme une ordinaire obligation de son métier.
« J'avais cru d'abord, explique-t-il, qu'un axe de la commande des gaz était parti, ce qui demandait une réparation de quelques secondes. Je sortis donc par le trou de l'équipage et dus me retenir aux haubans pour résister à la forte pression de l'air. Puis je me coulai par le plan inférieur jusqu'au fuselage du moteur, et je me mis « en sandwich » entre celui-ci et les réservoirs, à cheval sur les longerons. C'est à ce moment que les projections d'huile chaude me génèrent le plus.
» Mais je me rendis vite compte qu'il y avait rupture de la commande, avarie plus grave, mais non irréparable. Un quart d'heure durant, je rattachai le bras de levier cassé avec du fil de fer et maintins le moteur à son plein régime, ce qui permit de prendre de la hauteur. L'avion atteignit ainsi 1,600 mètres.
» Je voulus retourner à la cabine, mais, pendant que je m'y rendais, ma réparation céda. Je fis alors signe au pilote que je reprenais place auprès du moteur, et, pendant trente nouvelles minutes, je commandai à la main son fonctionnement.
» Bientôt, ce fut l'atterrissage à Lympne. Plusieurs centaines de personnes nous entourèrent rapidement; nous fumes félicités, photographiés, assaillis de questions.
» Pourquoi tant d'émotion ? conclut modestement le courageux « mécano ». Je n'ai fait que vaincre une difficulté à laquelle on doit être prêt à parer quand on travaille dans ma partie. » (Radio.)


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