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Le Petit Parisien 26 octobre 1924


L'IMBROGLIO CHINOIS SE COMPLIQUE

Tandis que Feng démissionne le président Tsao Koun, Ou Peï Fou reprend l'offensive contre Tchang Tso Lin

Le coup d'Etat du général Feng a produit, à Pékin ses résultats immédiats, inévitablement les mêmes en pareilles circonstances: le président Tsao Koun a démissionné, comme l'avait été le président Hsou Chi Tchang après la grande victoire remportée, en avril 1922, par Ou Peï Fou sur Tchang Tso Lin. Un gouvernement provisoire est en formation à la tête duquel Feng a placé M. Wang, son coreligionnaire, qui, comme lui, est un fervent de la culture américaine.
Si le général Feng a partie liée avec Tchang Tso Lin, ainsi que le laissent entendre certaines dépêches, l'influence japonaise qui s'exerce par l'entremise du dictateur de la Mandchourie sera donc contrebalancée par les tendances américanophiles de ses nouveaux alliés de Pékin.

Tandis que le gouvernement central s'organise, la situation n'en demeure pas moins incertaine. Tout dépend de la façon dont le maréchal Ou Pei Fou va accueillir sa destitution. En effet, alors que le président Tsao Koun était à Pékin à la merci des deux divisions de Feng, le maréchal Ou Pei Fou se trouvait à Chang-Hai-Kouan, où il venait d'infliger un sérieux échec à Tchang Tso Lin à qui le coup d’État apporte le salut.

Ou Pei Fou se trouve maintenant entre deux feux, mais s'il est en contact avec l'armée de Tchang Tso Lin, une distance de 500 kilomètres par voie ferrée le sépare encore des 40.000 hommes dont dispose le général Feng. Il est homme à utiliser ce répit et il passe, dans les milieux militaires britanniques, pour le seul général chinois qui sache manœuvrer et ne se contente pas d'opposer une masse de troupes à une autre masse de troupes. C'est par un débordement d'aile qu'il mit Tchang Tso Lin en déroute, en 1922. Il est d'ailleurs juste de dire que le lieutenant à qui il confia l'exécution de l'attaque de flanc était le général Feng.

Enfin si, depuis trois jours, le général Feng a comme alliés Tchang Tso Lin et Sun Yat Sen la Mandchourie et la Chine du Sud Ou Pei Fou compte encore sur l'appui de ses amis, les toukiouns du Kou-ang-Sou, du Fou-Kien, du Hovan, de l'Oupé et du Chantoung, c'est-à- dire des chefs de la majorité des provinces chinoises.
L'issue de la lutte dépendra donc de l'habileté stratégique d'Ou Pei Fou et... de la fidélité de ses troupes et de ses amis les toukiouns, car la Chine est le pays des surprises.
Il est donc encore impossible de prévoir de quelle façon va évoluer la crise chinoise. Il est simplement permis, pour le moment, de constater qu'elle est devenue un peu plus compliquée.

OU PEI FOU ATTAQUE

Pékin, 25 octobre (dép Havas.) On apprend de source autorisée qu'Ou Pei Fou a lancé une violente attaque, ce matin, sur le front Chang-Hai-Kouan, pour tenter de tourner le flanc droit des forces mandchoues.
Ou Pei Fou serait déterminé à arriver rapidement à une décision finale en prenant l'offensive plutôt qu'en effectuant un retrait stratégique des troupes. Ses hommes ignorent évidemment les récents événements de Pékin, et leur moral est, paraît-il, excellent.

A PEKIN, LE BRUIT COURT QU'OU PEI FOU SERAIT BATTU

Londres, 25 oct. (dép. Petit Parisien.) Divers messages de Pékin annoncent que les armées mandchoues ont coupé la retraite d'un corps de vingt-cinq mille hommes de l'armée gouvernementale entre Chang-Haï Kouan et Chinwangtao.
Le général Ou Pei Fou, selon certains bruits qui courent à Pékin, se serait réfugié à bord d'une canonnière italienne qui se trouvait dans le port de Chinwangtao.

A LA LÉGATION DE CHINE

Tandis que l'Empire du Milieu retentit du choc des armes, du fracas de gouvernements qui s'écroulent, paisible, désert, muet, le petit hôtel de la rue de Babylone où est installée la légation de Chine, ressemble au palais de la Belle-au-Bois-Dormant. Enfin paraît M. Shen Hi, secrétaire de la légation, qui a l'œil le plus avisé dans un visage rond d'adolescent. Aucune réponse n'est encore arrivée à nos télégrammes demandant des explications, me dit-il. Aussi en sommes-nous réduits aux nouvelles venant de Londres et que publient vos journaux. Connaissez-vous M. C. T. Wang qui aurait été nommé président du gouvernement provisoire?
Pas personnellement. Mais personne n'ignore le rôle important qu'il a joué comme président du Conseil, ministre des Affaires étrangères et délégué à la conférence de la paix... Il appartient sans doute au même parti politique que le général Feng ?

Est-ce bien un parti? Il y aurait plutôt entre eux une sympathie d'idées et de religion, car tous deux sont protestants, comme d'ailleurs un certain nombre de nos hommes politiques. Jusqu'ici, ils appartenaient au même groupement que Ou Pei Fou et Tsao Koun. Mais le général Feng n'était connu que comme chef militaire, un chef d'ailleurs fort estimé et dont les troupes étaient particulièrement disciplinées. Qu'est- il arrivé ? A-t-il agi de sa propre initiative, mu par sa conscience? Y a-t-il eu dissentiment avec son supérieur hiérarchique Ou Pei Fou? Représente-t-il d'autres chefs militaires, des hommes politiques ? Nous en sommes réduits aux hypothèses... Attendons !A. V.

L'imbroglio chinois se complique

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