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L'Œuvre 09 octobre 1924


L'insoluble conflit des écoles de banlieue

L'insoluble conflit des écoles de banlieue

L’Œuvre a signalé ce conflit curieux qui met aux prises les municipalités de Champigny et de Joinville parce que des enfants demeurant sur le territoire de la première fréquentent des écoles entretenues aux frais de la seconde.
Ceci nous a valu deux lettres :
« Dans toutes les écoles de Champigny, nous écrit le maire, M. Dumont, nous recevons des enfants de Saint-Maur, de Chennevières, de Villiers et de Plessis, sans jamais demander aucune redevance. « Nous devons même agrandir les écoles de Couilly: le projet est depuis trois ans à la préfecture et le coût en est de 880.000 francs, sans les frais de personnel. Nous sommes actuellement dans l'obligation de faire une classe sous les préaux. Nous avons encore acheté un terrain au Tremblay, ne nous préoccupant que d'une seule chose : l'application de la loi de 1882 sur l'enseignement obligatoire et à la portée de tous.

M. Vel-Durand, maire de Joinville, nous dit de son côté :
« La limite entre Joinville et Champigny a été tracée, il y a plus d'un siècle, au milieu de terrains de culture. Aujourd'hui, le quartier est complètement construit, et cette limite coupe plusieurs immeubles par le milieu.
« Le champ de courses du Tremblay, installé depuis quelques années, a établi une clôture continue qui sépare complètement du reste de Champigny un quartier peuplé de plusieurs centaines d'habitants. Il en résulte que ces habitants, ainsi rejetés vers Joinville dont ils utilisent la gare, le bureau de poste... et les écoles, demandent à faire partie de cette dernière commune.
« S'ils pouvaient obtenir l'adhésion du conseil municipal de Champigny, la question serait résolue et ils auraient pleine satisfaction.
«En attendant, le conseil municipal de Joinville estime qu'il n'a pas le droit d'engager de fortes dépenses pour constructions scolaires, alors que les recettes correspondantes sont encaissées par une autre commune. »

Pendant ce temps, les gosses de Champigny, dont on ne veut plus à Polangis, font la grève de l'école… Aussi bien le problème n'est pas local. Ce ne sont pas seulement des municipalités qui se battent, ce sont aussi de simples quartiers.

A Pierrefitte, le « groupe » du centre, place de l’Église, reçoit des enfants de partout de Stains, de Montmagny, de Sarcelles. Ses classes sont ultra-combles. Deux préaux ont dû être aménagés. Pendant ce temps, avec les mêmes locaux et un personnel à peu près égal, le « groupe» de l'avenue de Saint-Denis manque d'écoliers.

Que faire ? Le maire de Pierrefitte a fait afficher sur les murs qu'aucun élève, ancien ou nouveau, ne serait admis dans ses écoles sans un nouveau bulletin d'inscription délivré par la mairie. La mesure est énergique. Mais elle est, paraît-il, irrégulière, puisque, lorsqu'un enfant est inscrit sur le registre scolaire, il est dispensé le toute autre formalité…

Et puis, il y a le droit reconnu au père de famille de choisir l'école où il lui plaît d'envoyer ses enfants... On voit que la question n'est pas des plus simples. Il est évident que, dans la Seine et en Seine-et-Oise, la limitation actuelle des communes et des quartiers ne correspond plus à rien.

La région parisienne est devenue un monstre administratif. Mais qui prendra l'initiative de lui refaire une nouvelle figure?


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