| Paris-Soir 22 octobre 1924 |
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Lorsqu'un homme vaniteux est arrivé à la fortune, il n'a plus que deux ambitions: se payer ou s'attribuer un titre nobiliaire et se composer une généalogie respectable et décorative. Un brocanteur s'occupe de lui, dénicher, dans les laissés-pour-compte, une collection de parchemins et une série de tableaux où des seigneurs et des gentes dames de tous formats s'immobilisent en des poses prétentieuses. Et cela forme «la galerie des ancêtres» M. Mussolini, devenant Dictateur, s'est fait sacrer Duce, puis a chargé l'ingénieur (sic) Emile Rosetti de la formation de sa généalogie. Ce monsieur a découvert un certain Cornélius Musso, ecclésiastique, qui vécut vers la moitié du seizième siècle. Ce Cornélius Musso fut professeur aux Universités de Bologne et de Pavie. Il se signala par une éloquence rare au Concile de Trente et devint évêque de Forlimpopoli. L'ingénieur (re-sic) Emile Rosetti prétend que ce nom de Musso fut, comme diminutif, transformé en Mussolino, puis en Mussolini. Cet ingénieux ingénieur, qui fait des sondages, non pas de géologie, mais de généalogie, serait-il jaloux du bonnet d'âne du professeur Martino, de Naples ? On regrette moins que la découverte des œuvres de Tite-Live n'ait été qu'un canard. |
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