| Paris-Soir 01 octobre 1924 |
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MENACE DE CRISE OUTRE-MANCHE L'éternelle question d'Irlande est soumise aux Parlements Le Parlement anglais, qui se réunit aujourd'hui en session extraordinaire de courte durée, va vivre quelques journées fiévreuses. L'accord de 1921 avait reconnu, dans l’île sœur, deux États: l’État libre, dont la capitale est Dublin et dont le gouvernement est actuellement dirigé par M. Cosgrave, et l'Ulster, dont le Parlement siège à Belfast et dont le premier ministre est sir John Craig. Mais il restait à délimiter les frontières, et l’État libre réclamait tout de suite six des comtés de l'Ulster, qui, ajoutait-il, étaient peuplés de nationalistes soucieux de s'incorporer à lui. Une commission mixte composée d'un délégué de l'Ulster, d'un délégué de l’État libre, d'un délégué du gouvernement anglais, devait statuer. L'Ulster refusa de nommer son mandataire. Tout était arrêté. L'Etat libre s'adressa au cabinet de Londres. M. Cosgrave déclara qu'il ne pourrait conjurer un conflit sanglant, si l'affaire n'était pas tranchée à bref délai. Ce fut alors que M. Ramsay Mac Donald décida de demander aux Chambres anglaises l'autorisation de désigner lui-même le troisième. délégué, dans la carence de l'Ulster. Les conservateurs vont combattre le projet avec violence, parce qu'ils ont toujours été liés, pour des raisons politiques, à l'Ulster. Si les libéraux, dans leur ensemble, votent pour le gouvernement, celui-ci aura la majorité. A défaut, il devra recourir à la dissolution. Le débat déborde donc singulièrement en soi la question d'Irlande proprement dite. |
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