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Le Petit Parisien 31 octobre 1924


POUR ET CONTRE

Va-t-on supprimer vingt mille fonctionnaires ?... On le dit... Mais quels fonctionnaires va-t-on supprimer ?... On ne le dit pas... Evitera-t-on au moins de supprimer les fonctionnaires indispensables?... Je n'en sais rien...

On a déjà supprimé des fonctionnaires... Des ministres ont déjà pris des mesures de «compression». Ainsi, il y avait jadis à la prison d'Auxerre cing gardiens... Ces cinq gardiens avaient à surveiller parfois soixante détenus... Etaient-ils trop nombreux? Est-ce trop de cinq hommes pour maintenir l'ordre dans une prison où soixante chenapans, prêts à tout, se trouvent assemblés ?... On a jugé que c'était trop... On a fait de la «compression» administrative... Il n'y a plus aujourd'hui que trois gardiens à Auxerre... Comme, ces trois gardiens ont, tous trois, besoin de prendre quelque repos journalier, il n'y a jamais effectivement que deux gardiens en service...

C'est pourquoi, l'autre jour, un bandit a pu tout tranquillement abattre un de ces deux braves et modestes fonctionnaires...

A Aix-en-Provence l'administration pénitentiaire a aussi supprimé des gardiens. Et c'est pourquoi trois aimables pensionnaires de la prison, trois dangereuses crapules, ont pu tout tranquillement aller se promener...
Et c'est pourquoi, je l'avoue ingénument, je me défie énormément des suppressions de fonctionnaires... S'il y a des fonctionnaires inutiles, certes, je demande, comme tous les contribuables, qu'on les supprime... Seulement, j'ai peur, s'il y a des fonctionnaires inutiles, que l'administration ne parvienne pas à les découvrir... Je crains que ce ne soit justement ceux-là qui restent en place, tout tranquillement, qui soient jugés absolument indispensables et qui soient, au besoin, aug- mentés... Un fonctionnaire, s'il est inutile, a toujours des relations, les emplois inutiles allant toujours à des citoyens importants ou recommandés... Si l'on supprime des fonctionnaires, j'ai bien peur qu'on ne soit amené, une fois de plus, à considérer comme inu- tiles de pauvres fonctionnaires sans relations et, en fait, indispensables. Les a compressions administratives» d'Auxerre et d'Aix-en-Provence nous autorisent à avoir peur, à avoir peur pour les pauvres fonctionnaires et à avoir peur pour nous, pauvres contribuables...

Maurice PRAX.

Le maire de Morez (Jura), nous adresse une lettre de rectification qui est aussi une lettre de confirmation. Il nous demande de reproduire in extenso l'offre d'emploi émanant de sa municipalité et que nous avions abrégée pour abréger et non pour ruser. Voici donc le texte complet de l'annonce :
VILLE DE MOREZ (Offres d'emplois) On demande un ménage sans enfant, le mari pour être surveillant à l'Ecole pratique, la femme, cuisinière de l'internat. Traitement 4.000 fr., logé, nourri... Un autre ménage, sans enfant, le mari comme concierge à l'Ecole pratique; la femme pour être aide-cuisinière à l'internat, ou un concierge célibataire...
Cette rectification confirme pleine- ment un récent «Pour et contre». Mais le maire de Morez prend la peine de nous dire pourquoi il demande deux ménages sans enfant: parce que les deux emplois proposés sont très durs. Parce qu'il ne peut mettre que deux pièces à la disposition de chaque ménage. Dont acte. Mais ces éclaircissements ne figuraient pas sur l'annonce.

M. P.

Va-t-on supprimer vingt mille fonctionnaires

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