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Le Petit Écho de la mode 16 novembre 1924


  Le Petit écho de la mode 1924 11 16 art 05 au fil des jours  Une nouvelle cathédrale, la cathédrale de Liverpool et sa particularité curieuse, son architecte Gilbert Scott

Une nouvelle cathédrale.
C'est à Liverpool qu'elle est en construction depuis une vingtaine d'années. Son achèvement fera époque dans l'histoire religieuse de l'Angleterre, parce qu'il faut en remonter le cours de plus d'un siècle pour trouver un effort identique et aussi parce que ce sera la nef la plus imposante du Royaume- Uni. Elle sera beaucoup plus grande que Saint-Paul ou que la cathédrale de Canterbury, et près de deux fois aussi spacieuse que la fameuse Abbaye de Westminster. Au fait, ses dimensions la rapprocheront de Saint-Pierre de Rome.
Particularité curieuse: bien que destinée au culte protestant, cette magnifique cathédrale a pour architecte un catholique, dont le cas tient d'ailleurs du roman.
Ce pur artiste travaillait chez un autre architecte, qui avait décidé de concourir pour le meilleur plan de la future cathédrale. Tout jeune alors, M. Gilbert Scott décida de concourir aussi, à ses risques et périls. Après ses heures d'atelier, il lui fallut donc s'atteler chaque soir, et bien souvent, très avant dans la nuit, aux merveilleuses épures qu'il réussit à faire primer. Son patron ignorait avoir un concurrent en lui et s'étonnait de le voir arriver le matin, hâve et défait, à l'atelier. Il tomba de haut en apprenant le succès de l'élève que tous en venaient à considérer sinon comme un cancre, du moins comme un garçon assez peu sérieux et beaucoup trop enclin au plaisir. La revanche de M. Gilbert Scott fut complète. Laissant dire les mauvaises langues, il avait consacré ses veilles à l'étude et à l'art. Il s'en trouva récompensé par une notoriété soudaine, qui a fait sa fortune depuis lors.

Recommandation superflue.
L'ARTISTE. -Attention à cette toile. Elle n'est pas sèche.
LE COMMISSIONNAIRE. -Oh! ça ne fait rien. J'ai ma vieille veste.
-

Du fantastique au bizarre.
Dans bien des mariages en Angleterre, la coutume veut que l'on jette des poignées de riz aux nouveaux époux. Il en est de même en Chine, où, de temps immémoriaux, on retrouve cette tradition bizarre. En voici, parait-il, l'explication.
Elle nous reporte à quelque quinze siècles avant notre ère. En ce temps-là vivait, dans la populeuse province du Shan-Si, certain sorcier du nom inquiétant de Chao. Ce Chao jalousait fort une jeune et belle devineresse, qui répondait, elle, au poétique surnom de « Fleur-de-Pêcher ». La soupçonnant d'aimer son fils Pang et d'en être aimée, il s'en fut la trouver, sous ombre d'arranger leurs noces, en réalité dans le dessein de s'en défaire maléfiquement. Il vit les parents de la belle, s'entendit avec eux et fixa le mariage à une date qu'il savait néfaste, car elle coïncidait avec l'ascension d'un mauvais esprit, le Faisan Doré. Il pensait que ce dernier, gagné par ses invocations et ses sacrifices, mettrait la fiancée à mort dès qu'elle aurait pris place sur le siège nuptial. Il n'oubliait qu'un détail, qui avait pourtant son importance : le don de divination de Fleur-de-Pêcher, C'est dire qu'elle lut clairement dans son jeu. Elle n'en fit rien paraître, car le mépris qu'elle avait pour le méchant homme n'avait d’égal que son estime pour Pang, fils vertueux de ce père indigne et futur modèle des époux. Mais elle agit en conséquence et prit soin, le matin du mariage, de faire jeter des poignées de riz sur le parvis de la pagode. Quand donc se présenta le redoutable Faisan-Doré, son premier soin fut de les picorer en gourmand qu'il était. Et pendant qu'il s'en gavait, la cérémonie, expédiée par un bonze diligent, se déroulait sans incident, de sorte que le cruel et astucieux Chao en fut pour ses frais de malice.
Dès lors, en Chine, l'usage s'établit de jeter du riz aux mauvais esprits à chaque mariage pour assurer le bonheur des conjoints. Mais qui eut l'idée d'importer cette coutume en Angleterre? Ici l'auteur s'embarrasse et, sur ce point, il donne lui-même sa langue au chat.

Quiproquo.
LE DOCTEUR. -Vous paraissez mieux aujourd'hui.
LA DAME. -N'est-ce pas ? Ce chapeau me va si bien!

Sauvé par la marche.
On suppose communément que le métier de globe-trotter si tant est que c'en soit un, exige de ses adeptes d'extraordinaires qualités d'endurance. Or, un couple est en train de faire le tour du monde (il en a déjà fait plus des trois quarts), tout comme si, avant de se mettre en route, ce qui nous reporte en arrière de deux ans, l'homme n'avait pas été condamné par les médecins pour une affection prétendument incurable! Cet étonnant moribond et sa courageuse compagne s'étaient refusés à en croire Esculape. Décidés à tenter une cure d'air, mais n'ayant pas les moyens de s'offrir une villégiature dans quelque station climatérique à la mode, ils décidèrent de faire un pari. Il se trouva un original concitoyen pour leur proposer cette gageure: partir avec trois sous en poche, ni plus ni moins, et boucler la boucle autour de notre machine ronde. Depuis lors, l'homme se porte comme un charme, et son cas fait l'objet de discussions passionnées parmi le corps médical américain. Qu'en pense notre propre Faculté ?

Opportunisme.
LA CLIENTE. -Je voudrais une robe de tout dernier modèle.
LE COUTURIER. -Si madame veut bien s'asseoir un instant, la mode est en train de changer.

Conseil aux joueuses de tennis.
Soignez votre service! Rien n'est plus essentiel. Si vous avez un bon service, vous vous tirerez toujours honorablement d'affaire, quelque pénible que soit le match où vous serez engagée et quelque remarquable, la virtuosité de votre adversaire. En France, c'est généralement le côté faible de nos joueurs. Si les Cochet, les Borotra, les Lacoste ne sont pas encore tout à fait de la classe des grandes raquettes américaines, la faute en est à leur service, qui n'a ni toute l'efficacité, ni toute la vigueur qu'il pourrait avoir. Défaut de méthode ou d’entraînement. En effet, le bon service s'acquiert surtout par la pratique et, pour pratiquer, point n'est besoin de partenaire, puisqu'il s'agit exclusivement de placer la balle là où l'on veut. Rien de plus difficile d'ailleurs, quand on y apporte l'énergie nécessaire. Ce n'est qu'à force d'exercice qu'on y parvient. Être précis et sec quand on sert, c'est être irrésistible un jeu sur deux. Mlle Lenglen le sait fort bien et le secret de sa supériorité n'est pas ailleurs.

CLÉGUER.


Cathédrale de Liverpool Giles Gilbert Scott


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