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Paris-Soir 11 novembre 1924


Z Paris soir 1924 11 11 Aujourd'hui, tous les chiens sont des bergers allemands

ARAIGNEES DU SOIR
Des chiens

Un mouvement d'opinion se dessine contre les chiens. On leur en veut d'être trop nombreux et de manger trop de pain. Il est certain que le cheptel canin a augmenté depuis quelques années dans des proportions inquiétantes pour la tranquillité publique; toutes les personnes qui habitent un petit trou de banlieue et qui aiment bien dormir de temps à autre me comprendront... Quant au pain qu'ils consomment, loin de leur en faire grief, il me semble qu'on ne leur en donne pas assez. J'ai remarqué, en effet, qu'un chien occupé à manger sa pâtée ne peut se servir de sa gueule pour aboyer. Je voudrais donc que mes voisins possesseurs de chiens (ils le sont tous) donnent la pâtée à leurs bêtes toute la journée et toute la nuit, sans interruption, en employant au besoin les procédés de gavage à l'aide desquels on parvient à rendre silencieuses les oies elles-mêmes.
Un autre reproche que je ferai amicalement au fidèle serviteur de l'homme, c'est de manquer un peu de diversité dans sa livrée. Aujourd'hui, tous les chiens sont des bergers allemands. A voir tant de bergers, on croirait volontiers que tout le monde ici possède d'immenses troupeaux. Il n'en est rien. A part quelques moutons embusqués çà et là sous le buffet ou derrière la commode,vous pouvez fouiller toutes les maisons sans rencontrer le moindre bétail.
Mais il y a plus grave: ces chiens de berger, dont on a fait des chiens de garde, sont pour la plupart des animaux féroces et stupides, incapables de distinguer un ami d'un ennemi, un familier de la maison d'un dangereux cambrioleur; on l'a bien vu à Drancy!
Combien ces loups mal domestiqués nous font regretter le bon caniche de jadis. Celui-ci mangeait peut-être trop de pain - sans compter le su-sucre du moins ne dévorait-il pas les enfants, même quand on l'avait tondu en lion.

Bernard GERVAISE.


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