Nouvelles des ports

aquarelle marine - marine watercolor

Rafiots et compagnies

aquarelle marine cargo au mouillage - marine watercolor cargo ship at anchor

Nouvelles des escales

aquarelle marine - marine watercolor


L'Avenir d'Arcachon 09 novembre 1924


  L'Avenir dArcachon 1924 11 09  Curieux d'état d'âme, c'est toujours l'affaire " Ponpon"

Curieux état d'âme

Certaines personnes instinctivement ennemies des justes causes et jalouses par tempérament de ceux qui s'anoblissent par leur courage à les défendre nous ont blâmé d'avoir grossi l'affaire Ponpon.
D'après elles, chasser les petits marchands de la plage est tout naturel. Un maire a le droit de prendre telles mesures que lui suggère son bon plaisir et le public n'a qu'à s'incliner.
Il y a là un état d'esprit fâcheux en même temps qu'une ignorance regrettable. État d'esprit hérité, sans doute, de ceux de nos ancêtres qui pliaient sous la tyrannie. (Les serfs se prosternaient devant les despotes en les remerciant de l'honneur qu'ils leur faisaient de s'occuper d'eux). Ignorance prenant sa source dans le manque d'éducation et de sens juridique car une lacune de l'enseignement laisse le citoyen en formation s'inspirer de mauvais exemples et de mauvais principes; il devient plutôt l'esclave et l'admirateur du "fait du prince" que le défenseur et le serviteur du droit des gens et des lois démocratiques. La Révolution n'a passé sur ce vieil héritage de servilité que comme une tempête bouleversant la surface des mers. Rien n'est trop changé dans les profondeurs.

La Petite Gironde ni la France ne nous avaient suivi en ouvrant leurs colonnes à l'affaire qui nous occupe. Ces journaux ne se rendaient pas compte combien elle était intéressante et populaire; ils étaient bien décidés à ne nous offrir aucun appui.
Mais l'envahissement de la salle de la Justice de paix, le 30 octobre, par une foule enthousiaste d'entendre plaider le défenseur des petites gens, Me Auschitzky, a ouvert les yeux aux plus incrédules; la Petite Gironde et la France ont parlé.

Seulement leurs articles, sous des dehors patelins, tendent à couvrir les fautes commises; ils ménagent les auteurs de l'arrêté municipal que nous combattons; ils excusent ceux qui en ont forcé le sens au point de le rendre attentatoire à deux de nos libertés fondamentales: la liberté de la circulation et la liberté du commerce; ils se gardent bien de faire ressortir la distinction importante entre la réglementation consistant à réprimer l'abus, et qui est légale, et la prohibition qui, sous prétexte de faire cesser cet abus ose aller jusqu'à interdire l'usage et à commettre ainsi un excès de pouvoir.

Par d'autres erreurs ou omissions, qui ne sont peut-être pas l'effet du hasard, la Petite Gironde fait dire à Me Auschitzky notamment que l'inculpation de ses clients Cledière et Dacharay est juste au fond. Le défenseur a soutenu le contraire; il l'a démontrée nulle dans la forme et sans fondement.

La Petite Gironde et même la démocratique France brûlent du désir de voir triompher le Ministère Public et condamner le pauvre «Ponpon». Pourquoi ?

Albert de RICAUDY.

P. S.- MM. Dacharry et Cledière ont envoyé aux journaux ci-dessus, le 4 Novembre, des rectifications qui, le 7, n'avaient pas encore paru.

Les malheurs de " Ponpon " Le cas juridique de " Ponpon " L'affaire "Ponpon"
"Ponpon" en images Arcachon au 21 ème siècle


Retour - Back 09 novembre 1924