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Nouvelles des escales

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Excelsior 16 novembre 1924


LE GRAND BOULEVAR

On va construire, entre Nice et Paris, une route directe, qui sera réservée aux automobiles essentiellement. Son tracé se rapprochera le plus possible de la ligne droite, car nous sommes à une époque où il ne s'agit pas de perdre son temps en détours inutiles. Mais ce sera aussi la voie triomphale du tourisme, car elle chevauchera les sites pittoresques, les provinces, les cités, telle une prodigieuse montagne russe développée sur huit cents kilomètres de longueur. Désormais, l'automobile aura sa piste, comme la locomotive a la sienne.
Dans cette Course au perfectionnement, c'est donc encore la voie de terre qui a le dernier mot, ainsi que du temps des Romains. Ceux-là furent des maîtres pour l'établissement des réseaux routiers. Eux aussi tracèrent une voie magnifique de « Nicæa » à « Lutetia »>: elle faisait un angle droit à Arles, puis remontait sans déviation vers Lyon, Chalon, Paris. Travail d'art et de solidité où le ciment, la pierre, le sable formaient un ensemble étonnamment résistant, où étaient aménagés les milliaires, les relais, les hôtelleries, toutes les commodités que comportent les services accélérés.
Depuis César, nous avons roulé sur la voie de fer; nous avons inauguré les itinéraires de l'air. Finalement, le dernier cri de la locomotion, c'est la chaussée. Le bitume y remplace la dalle massive; la « trente chevaux » s'est substituée au char antique; en bordure, s'édifient les bornes kilométriques, les garages, les palaces. Mais c'est toujours la voie de terre.
Ainsi va le progrès. Quand il a fini, il recommence.

LOUIS SIMON


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