| Excelsior 16 novembre 1924 |
LES PROCHAINES ÉLECTIONS ALLEMANDES OPPOSERONT AUX ÉLÉMENTS MONARCHISTES TOUS LES RÉPUBLICAINS DEMEURÉS FIDÈLES A LA CONSTITUTION DE WEIMAR Un entretien avec un des membres du comité directeur de l'association républicaine "la Bannière". BERLIN, 15 novembre (De notre correspondant particulier). Après l'aventure de Kapp, en mars 1920, la plupart des chefs des fractions de gauche avaient reconnu la nécessité de s'organiser contre les assauts réitérés des monarchistes. Ce n'est qu'au commencement de cette année que M. Hoersing, président supérieur de la province de Saxe, républicain convaincu, a conçu et réalisé le projet de grouper toutes les formations libérales du Reich sous la bannière séculaire noir, rouge, or. Dans le comité central institué à Berlin sont entrés successivement les chefs des partis de gauche Loebe, Breitscheidt, etc. (socialistes), Koch et Erkelenz (démocrates), Wirth et Fehrenbach (centre). On y voit également des généraux ralliés aux opinions démocratiques von Deimling, ancien chef d'armée, et von Schoenaich. La présidence d'honneur a été décernée de droit au fondateur de la Bannière, M. Hoersing. Tout le territoire du Reich a été subdivisé en trente et un groupements ou gauen, correspondant aux trente et un États ou provinces de l'Allemagne; chaque gau est subdivisé en ortsgruppen ou localités qui comprennent un nombre variable de kameradschaften ou centuries. Les adhérents de la Bannière dépassent, aujourd'hui, le deuxième million. Mais n'y entre pas qui veut. Ii faut être patronné par deux banniéristes garantissant l'honorabilité et les opinions démocratiques du postulant qui, doit s'engager à défendre la République et la Constitution de Weimar, et à propager l'esprit libéral parmi les masses. Que ferait la Bannière en cas de guerre extérieure ? J'ai posé la question à un membre du comité directeur qui m'a répondu: Dans le cas peu probable où l'Allemagne, retombée sous l'influence du monarchisme militariste, se risquerait à attaquer une autre nation, notre premier devoir serait de nous opposer de toutes nos forces contre cette agression. Lorsque, au contraire, une puissance étrangère aura sans provocation envahi notre territoire, nous laisserons au gouvernement le soin de prendre les initiatives nécessaires. Mais, en tout cas, nous reprendrons notre liberté d'action dès que la menace aura cessé ou que notre sol sera libéré de ses envahisseurs. La meilleure propagande à faire parmi le peuple consiste à lui dire la vérité en toutes choses; il faut que la masse puisse discerner tout le bien qu'elle a à attendre. du régime républicain et tout ce qu'elle aurait à craindre d'une restauration des Hohenzollern. Sur ce point encore, voici ce qui m'a été déclaré : A. GAVARD.
|
| Retour - Back 16 novembre 1924 |


