| L'Auto-Vélo 16 novembre 1924 |
LES EPREUVES DE "L'AUTO" Sur Paris-Pontoise et retour se dispute aujourd'hui Pour la première fois une épreuve accessoire de tris à moteur réunira en course des machines à propulsion mécanique L’ÉPREUVE POPULAIRE En 1900 les tri-porteurs faisaient à peine leur apparition; il semblait que la machine à trois roues ait de nombreux points de ressemblance avec la petite reine, et l'idée de la course nous vint très naturellement. Le résultat de cette épreuve semblait établir une corrélation entre le sport et le transport; Lorgeou, grand crack cycliste de l'époque, gagna. Les années suivantes il y eut plusieurs matches entre le fameux stayer allemand Robl et Lorgeou, puis entre Ducom et le champion, mais pour ces épreuves les matcheurs employaient des tris de fabrication très spéciale, vraies machines de course. En décidant de rééditer le Championnat en 1922, nous prenions la première précaution d'en écarter les coureurs professionnels et de remplacer la lutte des cracks par une compétition populaire mettant seulement en présence les véritables conducteurs de tris de métier, les travailleurs parisiens. Notre épreuve est une fête sportive de ceux qui, chaque jour, peinent durement; c'est, croyons-nous, la seule occasion qu'aient les courageux «gagne petit» de démontrer qu'on peut être sportif jusque dans le travail quotidien. Bien que nous ayons pris toutes précautions utiles pour que l'épreuve soit une course d'hommes et non pas de machines, les deux précédents Championnats ont valu de grosses améliorations à la construction des tris. Poussant plus loin notre souci d'obtenir une meilleure machine pour les conducteurs, nous avons adjoint cette année à notre épreuve une catégorie réservée aux tris à moteurs auxiliaires, afin d'aider à la diffusion de pareil engin. Peu d'instants avant le Championnat quelques machines à moteur feront donc une course-démonstration dont nous pouvons attendre les meilleurs résultats. Qui gagnera le Championnat de 1924 ? Le vainqueur de 1922 et 1923, Godefroy, est soldat, et par conséquent ne sera pas assez en forme pour prendre le départ; en son absence, Cognasson et Crausaz, qui tous deux terminèrent dans les premiers les années précédentes, sont favoris, et l'un d'eux doit fournir le vainqueur. La course obtient chaque année un très gros succès populaire; les sportifs comprennent que l'effort de ces graves gens est méritoire; peu de professionnels tenteraient l'exploit de pousser à une telle allure sur un tel parcours, les 65 kilos du lourd engin chargé. L. A. |
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