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LES FRITES...
Quel joli bourrage de crâne que cette histoire de frites... Comme si c'était là quelque chose de nouveau !
Mais des frites, à Marseille, il y en a toujours eu. En moins grand nombre qu'à Paris évidemment, car tout en tenant compte de l'importance de la population de la capitale il faut reconnaître qu'à Marseille la plupart des employés trouvent le temps d'aller prendre leur repas chez eux. Aussi bien, les frites n'intéressent-elles qu'une bien faible partie de l'élément ouvrier. Cela pourrait changer si ces établissements arrivaient à vendre du bon poisson, dans de bonnes conditions, mais, est-ce possible? Croit-on qu'aux prix qui sont pratiqués aux Halles, alors que le poisson frais est très cher, il soit possible de le vendre bon marché une fois cuit ? Poser la question, c'est la résoudre et il n'est pas téméraire d'affirmer que tant que le poisson n'arrivera pas en quantités plus grandes, les prix se maintiendront. C'est le jeu normal de l'offre et de la demande et ce n'est pas en refusant toutes les facilités aux pêcheurs du bassin de la Méditerranée, alors que l'on ouvre tous les robinets pour ceux d'Arcachon et d'autres ports de l'Océan, que l'on pourra intensifier la consommation du poisson à Marseille. Les frites ?... c'est un vulgaire bourrage de crâne dont le gouvernement actuel n'a même pas le mérite de l'invention; Rio, l'ancien sous-secrétaire à la Marine Marchande, une des gloires du Bloc National, nous les avaient déjà servies.
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