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L'Œuvre 23 novembre 1924


 LOeuvre 1924 11 23 L'homme qui défend dispose d'un privilège plus étonnant que celui de l'homme qui condamne.

NOTRE OPINION
Les armes des nationalistes allemands

Les élections allemandes doivent avoir lieu le 7 décembre. Quinze jours donc à peine nous en séparent. Il n'est pas étonnant que la campagne s'anime outre- Rhin et que nous assistions aux machinations et aux manœuvres habituelles.
Laissons M. Stresemann accomplir, ses exercices de souplesse, faire glisser la corde tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche. Mais ne laissons pas les nationaux-allemands utiliser à leur profit, contre la démocratie allemande et contre la France, les armes qu'ils forgent et celles, hélas! que des maladroits de chez nous leur ont fournies.

Les armes qu'ils forgent:
On fait circuler actuellement en Allemagne le texte d'un «mémorandum du gouvernement français aux puissances alliées» que l'on prétend, là-bas, tenir du journal américain les Chicago Daily News et par lequel M. Herriot expose la nécessité d'obtenir la suppression de l'état-major du général von Seeckt et l'anéantissement de la Reichswehr par la dislocation des Gruppen Kommandos.

La presse allemande n'a pas encore publié ce mémorandum. Elle le tient, évidemment, en réserve pour les dernières heures. Sans doute voudrait-elle le lancer à la manière de la bombe Zinoview, célèbre outre-Manche. On voit déjà les titres qu'elle médite : «Les dernières prétentions françaises», «Ce que la France complote.» Sans discuter si ces prétentions, au cas où nous les aurions, seraient injustifiables et si le général von Seeckt sert la paix, il suffit ici de répondre :
Ce prétendu mémorandum français est fabriqué de toutes pièces. Ce document est un faux.

Les armes que nous donnons aux Deutschnationalen, maintenant :
Les nationalistes allemands se moquent complètement du général von Nathusius, qui d'ailleurs n'est pas des leurs. Mais c'est un fait les réunions nationalistes, désertées ces temps-ci, retrouvent aujourd'hui des chalands, les paroles de haine semées par la presse de droite risquent d'être mieux accueillies. On somme le gouvernement allemand (qui a appelé télégraphiquement à Berlin M. von Rintegen, l'attaché à l'ambassade d'Allemagne à Paris, qui a assisté au procès du général von Nathusius, de nous faire des représentations énergiques. Enfin, voici les ressentiments de la guerre avivés au mieux...
Tout ça, pourquoi ? Parce qu'une femme de ménage a dit à son maître qu'elle avait dû mettre en une caisse destinée à l'Allemagne quatre bouteilles de fine et dix assiettes dépareillées, lui appartenant. Le conseil de guerre de Lille, de l'avis de tous les assistants, a condamné sans preuves suffisantes von Nathusius, dont le défenseur l'avait indisposé.

Nous n'avons pas bonne opinion de nos conseils de guerre, mais nous aimerions bien que leur réputation ne passât pas nos frontières.
Le tribunal de Lille s'est donc mépris sur ce qu'exigeait la justice. Il a été en outre particulièrement malavisé, car le général Nathusius, d'origine d'origine rhénane, avait précisément laissé à Thionville tous les témoins l'ont attesté le souvenir d'un homme honnête et bon. Enfin, au point de vue politique, la maladresse est grave.
M. Herriot ne pouvait pas l'empêcher. Peut-il la réparer en graciant ? L'enjeu est important.

HENRY BARDE.


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