| Paris-Soir 30 novembre 1924 |
L'inquiétude est grande en Angleterre, parce que les troupes soudanaises, tout au moins une partie d'entre elles, se sont mutinées. Jusqu'ici, on croyait, à Londres, que ces forces se rangeraient du côté des bataillons britanniques, contre les bataillons égyptiens, et l'on comptait même sur leur supériorité numérique, et voici qu'elles donnent le signal de la révolte. La situation deviendra extrêmement grave pour le Royaume-Uni, s'il ne se concilie pas le Soudan, et la fusillade d'avant-hier laissera des traces profondes. Avec cette agitation soudanaise, coïncide un regain d'effervescence en Égypte. Les arrestations continuent, tandis que les parades militaires se multiplient. Le Times, dans une dépêche du Caire, (et ce journal reflète au mieux les sentiments de la résidence) annonce que la Chambre égyptienne va être dissoute. On sait qu'elle a été prorogée jusqu'à décembre et que plusieurs de ses membres et non des moindres sont en prison. Ainsi, le gouvernement de M. Baldwin n'aurait plus en face de lui aucune résistance officielle. Il est vrai qu'il n'y gagnerait point. Le parti national, dont Zaghloul Pacha demeure le chef, organise l'opposition de la rue, spécialement parmi les étudiants qui ont généralisé la grève. Il mène désormais campagne contre le cabinet Ziwar Pacha, qu il taxe de faiblesse excessive vis-à-vis de lord Allenby. Ce ministère, auquel plusieurs de ses membres ont déjà fait défection, serait obligé de donner sa démission, qu'il n'y aurait pas lieu d'en être surpris.
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