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Le Petit Journal illustré 23 novembre 1924


ENTRE NOUS

Le café

Dans un récent rapport présenté par le vice-président du syndicat des Sociétés d'alimentation, se trouvent étudiées les causes qui ont amené la hausse du café. Elles sont multiples, ces causes. Il y a d'abord le change, puisque la précieuse denrée nous vient de l'étranger. Il y a les événements qui, depuis quelques mois se déroulent au Brésil, principal pays de production. Enfin, il y a la très notable augmentation de la consommation. D'après le rapport de M. François, on consommait en France, en 1913, 1.920.000 sacs de café. Cela fait une augmentation par tête de 2 kilos 900 grammes de café; on en a consommé, l'année dernière, 2.869.000 sacs. 4 kilos 410 grammes, soit plus de 52 %.

On ne dira pas que nous n'aimons pas le café ! Et pourtant cette boisson, d'origine relativement récente, a connu à ses débuts, bien des détracteurs. On se souvient que, venu d'Orient, le café passa en Europe au XVIIe siècle et que la mode commença à s'en répandre chez nous vers 1660.
Or. Albert de Mandeslab, qui en avait bu en Hollande et en Italie, cite comme une curiosité cette «eau noirâtre que les Persans appellent Kahwé, et qui est littéralement détestable». Elizabeth d'Orléans, dans une lettre écrite en 1712, déclare horrible cette boisson qui «tout comme le thé, a le goût de foin brûlé et de fumier!»
Quant à Mme de Sévigné, on lui attribue parfois cette phrase doublement dédaigneuse: «Racine passera comme le café.» A vrai dire, l'infatigable épistolière n'a jamais rien dit de tel. C'est Voltaire et La Harpe qui lui prêtèrent gratuitement cet injurieux propos. Par contre, elle a vraiment écrit: «Le café m'abétit.» Elle se vantait. Heureusement, on ne s'en aperçoit pas dans ses lettres.
Tous ceux, au contraire, qui vantèrent le café et se trouvèrent bien de ses effets sont légion. Ce sont eux qui l'emportèrent. On s'en aperçoit aujourd'hui, où tout le monde, peu ou prou, apprécie l'odorant breuvage. Faut-il rappeler à ce propos que l'usage en a été surtout répandu par le passage des hommes au régiment ? C'est en 1857 que le café entra régulièrement dans l'alimentation du soldat. Il n'en est jamais sorti. Et pas un combattant de la grande guerre ne peut se souvenir sans attendrissement du joyeux cri: « Au jus!» qui apportait, chaque matin, un peu de chaleur et de cœur au ventre!

Statisque fantaisiste

La statistique s'appliquant à des sujets de fantaisie est toujours amusante. En voici une qui intéressera tous ceux et toutes celles qui jouent du piano, y compris quelques autres.
Un professeur américain, M. Humphreys, d'Indianapolis, s'est demandé combien, en soixante secondes, un pianiste moyen effectuait de mouvements avec ses doigts ? Combien, pendant le même temps, il lisait de notes ou de signes? Quelle était enfin la pression exercée sur les clefs ?
Il a mis dix ans, parait-il, à résoudre ce triple problème et est arrivé à ce résultat En soixante secondes, les doigts exécutent 2.000 mouvements, les yeux lisent 2.400 notes ou signes et les clefs subissent une pression de 1.500 kilos.
Vous voilà prévenus, n'est-ce pas ? Maintenant, nous devons une petite compensation à ceux qui n'aiment pas le piano. La voici !
Nul n'ignore que Reyer, le grand compositeur, a toujours passé pour un ennemi farouche de l'instrument aux dents blanches. Un jour, dit-on, un jeune musicien apporta, à l'auteur de Sigurd, le manuscrit d'une partition.

Mettez-vous au piano, lui dit M. Reyer, et jouez-moi quelques mesures.
Mais, répondit le confrère étonné, je ne suis point pianiste!
Mais si, mais si, insista Reyer, quelques notes seulement. Plaquez un accord!
Le jeune homme obéit et plaqua un accord.
Je vous remercie, dit alors M. Reyer souriant. C'est ma manière d'appeler ma bonne.

L'INDISCRET.

Ernest Reyer L'opéra Sigurd

Conférence chantée autour de Ernest Reyer et Sigurd, début avril 2025 à Marseille, c'est gratuit
et la nouvelle production de l’Opéra de Marseille, le 11 avril 2025, de 10 € à 80 € : Sigurd

Opéra de Marseille Sigurd à écouter


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