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UNE RUSE DU PEINTRE GÉRARD
Le sort avait désigné le peintre Gérard pour faire partie du jury qui devait condamner Marie-Antoinette. Gérard sentit l'énorme responsabilité de son nouveau rôle. Que faire? Refuser, c'est la mort; accepter, c'est l'ignominie. Il faut opter. L'artiste n'a qu'un parti à prendre; il le prend. La veille du jugement fatal, Gérard a la jambe fracturée. Étendu sur son lit, en proie aux plus vives douleurs, il est dans l'impossibilité d'obéir à la loi, de se rendre au tribunal révolutionnaire. On le remplace, il échappe à sa terrible fonction; mais le voilà condamné à passer six longues semaines, étendu sur une chaise longue. Par bonheur pour lui, aucune circonstance inattendue, aucun indice ne décela sa ruse. Son chirurgien était son ami.
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