| L'Ouest-Éclair 31 août 1924 |
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LE VOTE DU PACTE DE LONDRES Il aurait été l'occasion d'un singulier marchandage DUSSELDORF 30 août. D'apres la presse des pays occupé le changement de front des nationalistes allemands dans l'acceptation des lois sur l'exécution de la convention de Londres est dû à leur marchandage entre le gouvernement et le parti nationaliste.. On prévoit la constitution d'un bloc bourgeois qui empêchera le retour des socialistes au pouvoir M Marx sera remplacé par un nationaliste: Ce sera l'inauguration d'une politique réactionnaire sous la direction des nationalistes. Toutefois, dans les milieux démocrates, on estime que le parti nationaliste, qui a refusé 8 lois sur 9 et n'a laissé passer la dernière que pour éviter la dissolution du Reichstag, et dont uns bonne moitié maintien son hostilité pour assurer leur application. Comment les nationalistes ont camouflé leurs bulletins BERLIN, 30 août... Le Tageblatt donne les détails suivants au sujet du vote final de la loi sur les chemins de fer, qui a eu lieu hier au Reichstag : Le président, ouvrit le scrutin nominal. A ce moment, les députés nationalistes des premiers rangs, parmi lesquels MM. Hergt, Westarp et von Tirpitz, exhibèrent ostensiblement des bulletins rouges qui signifient le rejet et cherchèrent à donner l'impression qu'ils voulaient faire échouer à tout prix la loi. Par cette manœuvre, ils voulaient obliger une partie des socialistes à s'abstenir, car si les socialistes s'étaient abstenus partiellement, le Reichstag aurait été dissous. Mais au même moment les nationalistes des derniers rangs reçurent l'instruction de brandir eux aussi des bulletins rouges, mais de remettre des bulletins blancs d'adoption. Grâce à ce camouflage, la loi a été adoptée à une majorité supérieure de 19 voix à la majorité des deux tiers qui était nécessaire. » Après le vote du Reichstag, dit une dépêche de Berlin à l'Agence Radio, comme des applaudissements éclataient dans les tribunes, plusieurs pangermanistes levèrent le poing dans la direction de la loge diplomatique où se trouvait M. de Saint-Quentin, secrétaire à l'ambassade de France. La colère de Ludendorf BERLIN, 30 août. On raconte dans les couloirs du Reichstag que le général Ludendorff. aussitôt que le résultat du vote a été connu au Reichstag, a quitté brusquement la salle des séances la face congestionnée en criant au député nationaliste Bruninghaus : « C'est une honte pour l'Allemagne. J'ai gagné il y a dix ans la bataille de Tannenberg et vous, nationalistes, vous avez gagné aujourd'hui la bataille juive de Tannenberg » Sur quoi le député Bruninghaus lui répondit froidement : L'histoire aura à juger si nous avons eu tort ou raison ». La presse libérale qui relate l'incident, remarque judicieusement que si Ludendorff avait dans son temps non seulement gagné la bataille de Tannenberg, mais toutes les batailles de 1918, on n'aurait pas eu besoin de procéder hier au Reichstag au vote des lois d'exécution. |
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