| Comœdia 21 septembre 1924 |
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Les caprices du destin ont fait du château de Grammont, près de Tours, le siège de l’École professionnelle de l'art culinaire français, c'est-à-dire d'une académie où vont se former les artistes du premier art. Tout d'abord, pour réaliser une œuvre de cette importance, il fallait s'assurer de puissants moyens étayés de largesses et de convictions profondes. On les trouva à Tours, capitale de ce beau jardin de France à la luxuriante végétation, si fertile en tout ce qu'il faut à la dévotion de l'art culinaire. Sans qu'il fût besoin d'en faire le siège, Tours fut pris, épris même par l'idée; et M. Camille Chautemps, alors qu'il n'était encore que le député-maire, donna son appui aux maîtres Escoffier et Montagné pour la réalisation du projet de cette École d'application. M. le ministre de l'Intérieur est certes des mieux avertis sur beaucoup de choses; il sait aussi la force de persuasion de la Table Française. L'Ecole nationale du premier art est donc maintenant installée dans le cadre historique qui convient, au berceau du meilleur régionalisme. Sous l'activité inlassable de son secrétaire général, M. Gien, la Table Française augmente, fortifie tous les jours ses assises; elle comprend des personnalités gastronomiques par définition puisque: littéraires, journalistiques, politiques, et les grands prêtres de la cuisine française. C'est aussi en, son honneur que sera donné prochainement le premier déjeuner animant les destinées nouvelles du château de Grammont. De grands chefs: M. Frémont, de Paris, MM. Jean Fontbonne et Pilault, de Tours, auront à faire assaut de science au goût raffiné; ils assumeront un programme qui sera pour les élèves de la nouvelle académie un modèle impeccable en même temps que la meilleure émulation à leur ambition. Nous savons ce que devront à M. Henri Letellier et à M. Maurice Leducq les élèves qui sortiront de la pépinière, au titre de continuateurs des maîtres qui savent donner à la vie l'une des premières satisfactions, dont dépendent beaucoup d'autres. Vidal. L'artisanat régional voyage Sans qu'il y ait scission, dit-on, les Fédérations régionales d'artisans se séparent de la Confédération générale de l'Artisanat français et prennent le titre de: Artisanat Français. Cette séparation est motivée par une différence d'appréciation sur l'application de la loi sur le crédit artisanat, la conception des Artisans de Paris semblant léser les intérêts des Artisans de province. Le siège de l'Artisanat Français serait provisoirement fixé à Lyon. (L'attraction Herriot!) |
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