| Comœdia 21 septembre 1924 |
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Gourmets d'autrefois Napoléon à table Napoléon n'a pas laissé la réputation d'être un grand gastronome, bien qu'il ait indirectement inspiré l'invention du Poulet Marengo. Il mangeait vite et mal; il préférait le Bourgogne au Bordeaux; il ne pouvait se passer de sa tasse de café. Ses repas étaient près à des heures irrégulières; l'essentiel pour lui était que sa faim fût apaisée aussitôt qu'il en ressentait les atteintes; aussi, dans ses palais de France comme en campagne, ses cuisines étaient organisées pour pouvoir lui servir à n'importe quelle heure, une côtelette ou un poulet. Sa sobriété tenait bien plutôt qu'à un goût naturel, à sa crainte d'engraisser. Bourienne rapporte qu'il était poursuivi par l'idée de devenir obèse vers la quarantaine, ce qui lui arriva d'ailleurs. Il n'y avait qu'un plat dont il était réellement friand, s'étaient les crépinettes de cochon dont l'état de sa bourse l'avait forcé, au début de sa vie, à faire grande consommation et qui lui rappelaient le temps où il était sous-lieutenant. Un jour, aux Tuileries, il interpela Dunand, son maître d'hôtel. Pourquoi ne me sert-on jamais de crépinettes de cochon, lui demanda-t-il. Dunand demeura interloqué, et balbutia: Sire, ce mets est bien vulgaire et indigeste, vous ne pourriez guère travailler après en avoir mangé. Ce nouveau déjeuner fut porté à Napoléo par Roustan. L'empereur s'étonna que ce fût pas Dunand qui le servît. Il le fit appeler et lui dit simplement: Marcel Rouff. |
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