|
Ce que dépense et ce que gagne un Député
Un député touche 27.000 francs par an. soit 2.250 francs par mois. En réalité, fait remarquer Excelsior, il ne touche que 2.120 fr. nets.
D'abord, il subit une retenue pour la retraite, qui est de 50 fr. ou de 100 francs par mois, suivant qu'il se ménage une retraite de 1.800 ou de 3.000 francs. Il n'a droit, d'ailleurs à cette retraite qu'après huit ans de mandat et cinquante-cinq d'âge. S'il cesse d'être député dans l'intervalle, il doit continuer à verser la mensualité exigée, eût-il déjà les deux législatures indispensables. Une seconde retenue est faite pour la buvette et les chemins de fer, retenue qui se monte à 336 francs par an. Il faut ajouter à cette perception obligatoire les gratifications au chef des garçons de la Chambre, aux huissiers de salle, aux facteurs, les frais de vestiaire, de téléphone, etc., frais qui se montent actuellement à environ 150 francs. Les frais de correspondance sont en général très lourds. Il n'y a pas de député qui, sur ce chapitre, ne dépense au moins 10 fr. par jour. C'est donc pour l'année une dépense approximative de 4.000 francs. C'est là un minimum, car certains députés dont la correspondance est particulièrement volumineuse, dépassent le chiffre de 20.000 francs. Il y a aussi la question des secrétaires ; celle-ci, cependant, est variable, car si certains parlementaires ont parfois deux, trois et même quatre collaborateurs, il en est en revanche qui font eux-mêmes tout leur travail. Suivant l'importance de leurs fonctions, les secrétaires sont payés de 150 à 600 fr. par mois. Ce qu'il y a de plus onéreux pour un député, ce qui grève le plus son budget, ce sont les sollicitations dont il est sans cesse l'objet, soit de la part de compatriotes besogneux, soit de la part de sociétés ou d'œuvres de bienfaisance. La moindre obole, la moindre souscription est au moins de 20 fr. Nous connaissons un député qui, chaque année, consacre à des sociétés orphéoniques, sportives, musicales et autres, une somme de 2.000 francs.
|