| Paris-Soir28 septembre 1924 |
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Derrière le maître-autel, les murs de l'église Sainte-Elisabeth, rue du Temple, étaient noirs, mais noirs comme les parois d'un tunnel; pendant la Commune, des cuisines avaient été installées dans le temple dédié à la reine de Hongrie. M. le Curé, honteux de cette crasse déplaisante à la vue et de profane origine, entreprit de rendre au « monument le manteau blanc de sa virginité ». Il manda l'architecte. Voyez ces murs sombres, lui dit-il ; un trésor peut-être est caché dessous ; je sais que des fresques ont été peintes, jadis, là où nous ne voyons plus qu'une étendue noirâtre... Un peintre, M. Loukidès, apprit par hasard et l'existence des fresques et les, projets de M. le Curé; il vint trouver ce dernier. La coupole gardait, intacte aussi, une bonne fresque du dix-huitième siècle : l'apothéose de Sainte Eisabeth, gagnant le ciel dans sa robe brune de franciscaine, entourée d'anges, à la Botticelli. Il eût été dommage de détruire ces honnêtes et pieux vestiges du passé. La première pierre de Sainte-Elisabeth fut posée par Marie-Antoinette qui confia à un architecte florentin la construction de l'église; les parures de l'historique chapelle ont été préservées, sans bruit, sans réclame tapageuse... C'est le hasard qui m'a conduite au pied de l'échafaudage où s'achève dans le calme de la petite chapelle l’œuvre commune d'un prêtre et d'un artiste. R. D. |
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