| Paris-Soir28 septembre 1924 |
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Ce qu'il faut oser dire (1) Et cependant, certaines d'entre elles émanent de coloniaux de vieille date, d'hommes auxquels le fait d'avoir consacré leurs forces à la prospérité de notre domaine d'Extrême-Orient devrait rendre plus pénible qu'aux super-nationalistes professionnels et ignorants la concession de ce domaine à l'exploitation conditionnelle de l'étranger ! Bien au contraire, certains m'apportent le témoignage de leur compétence réalisatrice et de leur patriotisme éclairé. Le régime de la concession pour un grand nombre de services fonctionne d'une façon souvent fructueuse lorsque le concessionnaire a su réserver les avantages qu'il comporte. Certes, il est bon de ne pas livrer aux appétits des Sociétés capitalistes les services que l’État peut faire fonctionner dans l'intérêt général, mais lorsque, bien au contraire, l’État peut trouver en dehors de lui-même les ressources nécessaires à l'organisation de ces services et à leur extension, et lorsque ces ressources lui manquent, l'hésitation n'est pas possible. Ne voyons-nous pas, en France même, de grands travaux publics susceptibles de procurer de nombreux avantages, n'être pas entrepris faute d'argent ? Dans nos colonies, au contraire, le passé n'apporte rien et l'avenir est plein de promesses illimitées, de fructueux rapports, de prospérité indéfinie. Cette obligation, nous ne pouvons pas la remplir par nos propres forces, quelques bénéfices que l'avenir nous permette d'en retirer, parce que nous ne possédons pas les capitaux nécessaires. Pourtant, nous ne pouvons pas abandonner définitivement à l'étranger la possession d'un territoire sur lequel règnent les lois et la justice française, que nos soldats ont conquis et conservé, que nos instituteurs et nos professeurs ont instruit. Mais, ne serait-il pas possible, tout en conservant les troupes, la police, les tribunaux et les écoles françaises, de céder aux Américains les services et les exploitations à caractère industriel ou agricole, susceptibles, tout en rapportant des bénéfices, de donner un formidable élan à la prospérité de la colonie, à son agriculture, à son commerce, à son industrie ? Voilà le problème nettement posé, sans équivoque possible. Jean Concian. |
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