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L'Oeuvre 28 septembre 1924


 Les gosses de Champigny sont indésirables à Joinville

Les gosses de Champigny sont indésirables à Joinville,

Ces affiches blanches qui sont apparues, l'autre matin, sur les murs de Joinville-le-Pont, ne sont pas la banale communication d'une municipalité vigilante à ses vaillants concitoyens. Le ton en est grave et la phrase solennelle. Des mots définitifs y figurent. Aussi bien s'agit-il d'une curieuse histoire.

Il paraît qu'il y a trop d'enfants dans les écoles de Joinville, au moins dans celles du groupe de Polangis, avenue Oudinot. Pour caser tout le monde, on a dû installer des tables jusque sous les préaux. Les architectes ont même déclaré que, si les effectifs ne diminuaient pas, il faudrait bâtir sans tarder deux nouvelles classes et renforcer le personnel.
Eh bien, pour encourageante qu'elle semble, par ces temps de dépopulation, cette situation est assez mal appréciée par la municipalité de Joinville.
En consultant la liste des élèves de Polangis, elle a constaté, en effet, que quatre-vingt-dix d'entre eux n'étaient pas domiciliés sur le territoire de la commune, mais bien sur celui de Champigny.

Alors, le dialogue suivant s'est engagé :
Nous avons dans nos écoles quatre-vingt-dix enfants qui ne nous appartiennent pas et qui sont manifestement à vous, Champigny. Nous voulons bien les garder tout de même. Seulement remboursez-nous les frais de cahiers et de livres de prix que nous avons consentis à leur intention. Il y en a pour 2.000 francs. Payez-les.
-Pas du tout, riposte Champigny. Nos écoles à nous sont assez grandes pour recevoir tous les enfants de la commune. Maintenant, s'il se trouve des parents qui préfèrent les envoyer dans les vôtres, c'est leur affaire. Qu'ils se débrouillent avec vous…

En quoi les deux parties, comme on voit, pouvaient également invoquer des arguments de pure raison la géographie étant seule responsable. Seulement, l'affaire s'est corsée. La municipalité de Joinville a fini par se fâcher et, le 25 juillet dernier, elle prenait cette décision:
A partir du 1er octobre 1924, aucun de ces enfants ne sera admis à recevoir l'instruction dans les écoles de Joinville, si la commune de Champigny ne s'engage pas à supporter les frais.

Champigny n'a pas cédé, et le délai prévu par l'ultimatum expire mardi soir, à minuit.
A l'heure où l'irréparable va se produire, le maire de Joinville, M. Vel-Durand, a donc lancé une proclamation aux Joinvillais, « afin de les rendre juges de la décision municipale ».


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