| L'Ouest-Éclair 14 septembre 1924 |
![]() |
|
Dans le Morbihan, M. Cadic profite des vacances parlementaires pour participer aux travaux de battage. A l'heure où de toutes parts la main-d'œuvre agricole fait défaut, à l'heure où tous les syndicats, toutes les sociétés s'occupant d'agriculture jettent le cri d'alarme en faveur de notre industrie nationale, à l'heure où les pouvoirs publics eux-mêmes s'émeuvent à juste titre devant le danger qui nous menace, l'abandon de la terre, il est beau de voir des hommes de chez nous s'adonner de tout cœur aux travaux des champs, prêter la main à tous les travaux de la moisson. Des gens de chez nous, revenus en Bretagne pour quelques jours de vacances, reprennent avec amour les labeurs féconds qu'ils aimaient naguère; des instituteurs, des professeurs, heureux, prêtent main-forte à leurs parents et amis de la campagne. Cela est bien réconfortant et de bon augure. Parfois l'exemple vient de plus haut, et je suis heureux de signaler un fait dont je viens d'être le témoin. De passage en Bretagne, dans la région de Pontivy, je voulus voir le député-paysan Cadic et j'allais frapper à sa porte au Leh Cren, en la commune de Noyal-Pontivy. On me répondit que Monsieur le Député était en tournée de battage et qu'il devait être en ce moment au bourg. En effet, Monsieur le Député était redevenu mécanicien et c'est à côté de sa machine que j'eus l'honneur de m'entretenir avec lui. Le voici, la pelle à la main, prêt à entretenir le feu de sa locomobile, ou bien mettant de l'huile aux graisseurs pendant que tout est en marche, puis il fait l'engreneur. En un mot il s'emploie à tous les travaux il est toujours prêt à remplacer un camarade aucune corvée ne lui répugne. Et pendant que l'on se repose quelques instants, en goûtant le bon cidre du pays, Cadic cause avec ses compagnons de battage; il leur parle dans cette langue bretonne si douce et si précise; il leur raconte les travaux parlementaires; il les met au courant de ce qui se passe à la Chambre; il leur explique certains points de la loi, particulièrement la loi sur les accidents agricoles et voilà des réunions faites sans bruit ni fracas, mais qui font plus de bien que tous les meetings annoncés à grands frais par les journaux de France et de Navarre. N'avais-je pas raison de dire que l'exemple vient de haut? M. Cadic se montre digne de son titre de député-paysan: il est fier et les paysans sont fiers de leur député. Jean DU PONTIGO. Notre photographie montre M. Cadic (indiqué par une +) au milieu d'une équipe de travailleurs employés au battage de la moisson. Il fait chaud, la besogne est dure; on se désaltère avant de se remettre à l'ouvrage. |
| Retour - Back 14 septembre 1924 |



