Nouvelles des ports

aquarelle marine - marine watercolor

Rafiots et compagnies

aquarelle marine cargo au mouillage - marine watercolor cargo ship at anchor

Nouvelles des escales

aquarelle marine - marine watercolor


Le Petit Journal illustré 07 septembre 1924


un nouveau crédit que se sont accordés nos députés

ENTRE NOUS

Nos députés se sont accordé récemment un certain crédit pour faire face aux frais de correspondance échangée avec leurs électeurs. C'est un petit avantage de plus à l'actif de nos honorables. Il y en a d'autres, qui sont connus.

D'abord, nos représentants ont un abonnement de première classe en chemin de fer, gratuit ou presque. Moyennant une modeste cotisation de 168 francs par an, ils peuvent, d'un bout de l'année à l'autre, s'ils le veulent, rouler en wagon. On a connu d'ailleurs des parlementaires qui, n'ayant pas de domicile à Paris, en usaient presque chaque jour et continuaient d'habiter la circonscription qui les avait élus.

Par ailleurs, nos députés ont une buvette où ils peuvent trouver largement de quoi se réconforter. La cotisation est également de 168 francs par an. Beaucoup d'honorables ne profitent jamais de cet avantage. C'est pourquoi ceux qui en usent ne mettent pas en péril la caisse de cette bienfaisante coopérative. En effet, le dernier exercice a laissé plus de 21.000 francs de boni, tous frais payés.

N'oublions pas que les hôtes du Palais-Bourbon ont à leur disposition des allumettes, du papier à lettre (et Dieu sait ce qu'ils en consomment), tout un lot de savons, brosses, miroirs, etc., pour leur toilette. Ils ont droit également à des cartes d'entrée aux courses. Mais le plus intéressant de tous les avantages dont ils jouissent est, sans conteste, la pension.

Cette caisse de retraite fut constituée en 1904 à l'aide des versements mensuels des ayants droit. Autrefois, ces versements étaient de 15 francs. Ils sont aujourd'hui de 50 francs. Pour avoir droit à la pension, les anciens députés doivent être âgés de cinquante-cinq ans au moins et avoir huit années d'exercice de mandat, soit le temps de deux législatures.
Ajoutons que les anciens députés qui ne remplissent pas les conditions d'age sont admis, pour obtenir la pension, à continuer leurs versements mensuels jusqu'à l'âge réglementaire de cinquante-cinq ans. Ils ont droit, alors, comme les autres, à une rente annuelle de 2.200 francs et leurs veuves à une rente de 1.200 francs.
Évidemment, ce n'est pas le Pactole. Mais combien, qui ont travaillé plus de huit années de leur vie, voudraient en avoir autant !

AVEZ-VOUS pensé parfois à celui qui a pu inventer cette chose si simple et si utile pour certains, les lunettes? Longtemps, on en a attribué l'invention à des Italiens, Salvino degli Armati ou Alexandre Spina, morts tous deux au commencement du XIVe siècle. Mais, d'après les travaux d'un érudit, M. Bourgeois, c'est au moine anglais Roger Bacon que nous en serions redevables.

A l'origine, les lunettes sont constituées de deux verres ronds cerclés de corne, de cuir ou d'os, et par deux branches obliques qu'on pose à cheval sur le nez on les nommait des « clouants » à cause du rivet qui maintenait l'une à l'autre les deux branches. Puis, au xve siècle, apparait une autre sorte de lunettes, non articulées, à nez arrondi. Les deux verres sont toujours de même forme. Une tige de cuir ou de corne, d'une seule pièce, contournée sur elle-même, les entoure et forme en même temps la courbe nasale. Les deux extrémités libres sont maintenues au moyen d'un fil de fer. Plus tard, pour les mieux maintenir, on imagina de fixer, au milieu de la tige du nez, une branche frontale que l'on faisait glisser dans les cheveux et que l'on assujettissait sous le chapeau. Pour les côtés, on se servit également de cordons ou de lanières de cuir que l'on nouait derrière la nuque.

Au début du XVIIe siècle, on commença à adapter, aux lunettes, des ressorts d'acier. Cependant, la coquetterie entrant en jeu, on remplaçait le fer ou la corne par des métaux précieux, l'argent et l'or, souvent ouvragés avec art. La mode, enfin, s'en répandait ainsi et faisait plus pour la vulgarisation des lunettes que la nécessité elle-même.

Peut-être ne faut-il pas s'en étonner quand on voit, de nos jours, à quel point les Américains, si férus de besicles, ont répandu chez nous l'usage des verres ronds cerclés d'écaille... ou de celluloïd!

L'INDISCRET.


Retour - Back 07 septembre 1924