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Constant quitte le Palais
Qui est entré une seule fois à la cour d'assises de la Seine connaît « Constant », l’huissier de la cour. Depuis trente-quatre ans, les présidents se sont succédé, les avocats généraux ont défilé, les greffiers mêmes ont été successivement les Wilmès père, les Prignon, les Wilmès fils, les Meyrard, un seul na pas bougé : c'est Constant Waltz, qui à assisté à toutes les affaires, des grandes comme les petites. depuis l’affaire Eyraud-Bompard, qui vit les débuts de Me Henri-Robert et de Me Félix Decori, jusqu'aux affaires de ces jours derniers, dans lesquelles plaident de jeunes stagiaires futurs bâtonniers peut-être... vers 1950 ! Mais le règne de Constant s'achève mardi, après l’audience, il posera l'habit, il descendra pour la dernière fois l'escalier de pierre réservé aux magistrats et aux jurés, après avoir serré combien de mains et, une larme au coin de l'œil, car c'est un brave homme et un brave cœur, il quittera ce Palais de Justice où il a si longtemps vécu, il partira prendre sa retraite en Franche-Comté. La cour d'assises sans Constant ! Qui aurait pu l'imaginer ? Comment les journalistes sauront-ils désormais à quelle heure se terminera l'audience ? Comment les impatients de connaître la solution de débats passionnants pourront-ils savoir quelle est l'opinion probable du jury ? Saluons au passage ce vieux serviteur de la Justice, au moment où son amabilité souriante quitte l'antique Palais de Saint-Louis |
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