Nouvelles des ports

aquarelle marine - marine watercolor

Rafiots et compagnies

aquarelle marine cargo au mouillage - marine watercolor cargo ship at anchor

Nouvelles des escales

aquarelle marine - marine watercolor


L'Oeuvre 26 juillet 1923 (page quatre)


Contribuables, à vos poches

Seule des grandes villes du monde, Paris n’a pas de plan d’extension

Pourquoi nous obstinons-nous à être en retard sur toutes les grandes villes du monde ? Pourquoi Londres et Berlin, pour ne citer que celles-là, ont-elles une organisation pratique de leurs agglomérations.

Tandis que Paris piétine et qua sa population s'étouffe entre ses fortifications, qui, pour avoir été démolies, n’en gardent pas moins une vertu théorique infranchissable.

Qu'attend le Conseil municipal pour avoir, pour faire une saine politique de l'agglomération parisienne ? Elle est indispensable. Qu'il le veuille ou non, il faut la faire. Problèmes de finances où d'ordures ménagères, tout s'éclaire par cette politique-là. En dehors d'elle, tout n'est que solutions bâtardes.

N'est-il pas extravagant de constater que Paris n’a pas encore de plan d'extension ! Paris qui craque de partout, Paris qui se meurt de congestion !

— Mais, direz-vous, il y a une direction de l'extension parisienne ! Il y a des services, et qui fonctionnent.

Oui, certes. II y a une direction et des services. Mais il n'y a pas de plan. La semaine dernière, pas plus tard, le Conseil général a réclamé ce plan dont la nécessité crève les yeux. On le lui a promis, mais quand le lui donnera-t-on ?

En attendant, au lieu d'essayer de dégager Paris selon des dispositions normales et logiques, dûment étudiées d'après la carte du département, ce qui serait si simple, on permet, on admet que les premiers mercantis venus découpent à leur gré les terrains que le plan administratif aurait le devoir d'englober, et bâtissent à tort et à travers de prétendues « cités-jardins », en dépit de toutes les règles de l'hygiène et de l’esthétique, des cités-jardins sans canalisations, lesquelles, loties pendant les beaux jours et distribuées aux acquéreurs naïfs et hypnotisés, ont vite fait de devenir inhabitables et malsaines.

L'Œuvre à signalé déjà les agissements de ces lotisseurs sans vergogne, qui ne se contentent pas de rançonner les malheureux citadins — généralement des travailleurs chargés de famille et qui souhaitent pour leurs enfants l'air vivifiant de la campagne ! — mais encore qui portent un grave préjudice à la communauté.

Car, un jour ou l’autre, par la force des choses, la Ville de Paris, ayant enfin son plan d'extension parce qu'elle ne pourra pas faire autrement, se trouvera en face de ces mercantis, en face de ces terrains insalubres et qu’elle devra procéder à des expropriations très onéreuses.

Cela par mangue de prévoyance, alors qu'il lui eût suffi d'avoir dès maintenant, depuis le temps que la nécessité en est démontrée, un plan facile à établir.

La Ville de Paris peut, en effet, prévoir — mais y pense-telle — que, d'ici dix ans, sa population se sera, pour au moins un tiers, déversée sur la banlieue. De 1911 à 1921, celle-ci s'est augmentée de 250.000 habitants. S'il n’y avait pas eu la crise du bâtiment, combien de Parisiens auraient quitté la Ville pour un peu d'air, de fraîcheur et de lumière !

La Ville, elle, a l'air d'ignorer tout cela. Blottie dans son hôtel, comme dans une citadelle, elle ne voit rien au delà. On peut se demander, en présence de cette incurie néfaste, à quoi servent à cette vieille édilité anachronique les voyages fréquents et coûteux qu'elle fait à l'étranger !

Henri SIMONI

AzA L Oeuvre 04 plan extension Paris 4