Nouvelles des ports

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Rafiots et compagnies

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Nouvelles des escales

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L'Oeuvre 26 juillet 1923 (art. page trois)


QUESTION À RÉGLER
La succession de Lausanne

Le traité de Lausanne signé, un certain nombre de questions importantes restent en suspens. La question de Mossoul doit être réglée par des négociations directes entre la Turquie et la Grande-Bretagne, ainsi que celle du chemin de fer de Bagdad.

Les porteurs de fonds turcs auront à discuter le concordat que nécessite l'attitude du gouvernement turc au sujet de la monnaie de paiement des coupons.

Enfin, les gouvernements alliés auront à régler entre eux la répartition des 5.850.000 livres turques or que la paix de Lausanne leur accorde à titre de réparation des dommages de guerre. On sait que l'Amérique, elle-même, réclame sa quotepart de cette indemnité et que l'Italie a fait échouer jusqu'ici toute tentative de répartition en ne voulant pas admettre que l'Angleterre garde pour elle seule les 6 millions de livres turques or versées par la Turquie en 1914 pour la construction de deux cuirassés.

Les conventions turco-américaines

Parallèlement au traité de Lausanne, l'Amérique va signer un accord avec la Turquie. N'ayant jamais été en guerre avec les Turcs, les États-Unis n'avaient pas à intervenir dans le traité de paix.

Cela ne veut point dire que M. Grew, l'observateur américain, soit, resté inactif : à son rôle silencieux de témoin, il a joint une action de négociateur. Il en est résulté, d'accord avec Ismet pacha, deux conventions : la première, de commerce ; la seconde, d'établissement ; celle-ci, qui règle les conditions de séjour, de juridiction, etc., se substitue, en fait, aux Capitulations abolies.

Elle constitue une victoire diplomatique à l'actif de l'Amérique qui considéra toujours les Capitulations comme un acte bilatéral, alors que les Turcs les tenaient pour des actes gracieux consentis par le sultan.

Ces deux conventions seront vraisemblablement signées à Berne, aujourd'hui même.

La question d’Égypte

Par le traité de Lausanne, la Turquie renonce à toute souveraineté sur l’Égypte et l'article 18 dispose que des « stipulations ultérieures régleront les questions naissant de la reconnaissance de l’État égyptien ».

On sait que le gouvernement a accordé au peuple égyptien de pseudo-libertés avec un gouvernement soi-disant autonome. Les Égyptiens n'entendent pas se contenter d'un régime de domination déguisée. Le « parti national égyptien », dirigé par Me Saïd bey Telemat et par Me Ahmed Loutty bey, entend lutter pour obtenir à l’Égypte la liberté complète à laquelle son état de haute civilisation lui donne droit.

On ne peut, en France, qu'être sympathique à ces revendications. Mais nous croyons que le plus mauvais service à rendre à l'Egypte serait de prétendre exercer, en se servant d'elle, une pression sur l’Angleterre dans la négociation pour Tanger. C'est l'action indépendante des patriotes égyptiens qui rendra à la terre des Pharaons sa liberté perdue.

les suites de Lausanne