| La Presse 27 juillet 1923 (art.page une) |
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L'ASSASSINAT DE M. BAZILIONDIS Les Opérations Judiciaires de ce matin vont-elles éclaircir le mystère ? La Presse, en relatant les conditions mystérieuses dans lesquelles, un avocat- conseil, M. Léonidas Baziliondis, avait été trouvé, lundi matin, râlant, dans son bureau, 10, rue de Richelieu, avait émis de prudentes réserves, en ce qui concernait la version du suicide, adoptée tout d'abord et avec une certaine précipitation. L'autopsie du cadavre, pratiquée par le docteur Paul, semble démontrer aujourd'hui que M. Baziliondis aurait été tué d'un coup de revolver par un tireur placé à sa droite. La balle, avant de se loger dans la boîte crânienne, à traversé la main droite, que la victime aurait interposée devant son visage pour parer le coup qui lui était destiné. On sait que c’est le lundi matin, vers 10 heures, que la secrétaire de M. Baziliondis, Mme Balan, découvrit le corps de son patron étendu sur le tapis du bureau. L'avocat râlait encore. La jeune femme se précipite pour demander du secours à la pharmacie du «Palais-Royal», située au bas de l'immeuble, Ce que dit le préparateur J'ai été appelé, nous dit le jeune préparateur de la pharmacie, lundi, vers 10 heures du matin, par une jeune femme qui paraissait en proie à une vive émotion, et qui me demandait de porter secours à son patron, qu'elle avait trouvé, étendu sans connaissance, sur le sol de son bureau. Je me rendis aussitôt dans l'appartement, M. Baziliondis était étendu sur le dos. J’essayai de le ranimer en lui faisant respirer de l'éther. Une réaction se produisit, le corps fut agité d'un mouvement, qui me fit apercevoir d'abord une flaque de sang sous la tête puis, un instant plus tard, un revolver sous la cuisse droite du blessé. J'ai cru, comme tout le monde, qu'on était en présence d'un suicide, mais comme le blessé était dans le coma, quelques instants après il était envoyé à l'hôpital où il mourut. L'enquête Au cours de l'enquête ouverte par M Labat, commissaire de police, Mme Balan. Coïncidence curieuse, M. du Bot, fils naturel de l'avocat, était venu voir son père dans la matinée de samedi et l'aurait trouvé fort préoccupé. Qui acheta le revolver ? L'arme trouvée sous le corps de la victime a été rapidement identifiée. C'est un Y aurait-il là la clef du mystère ? C'est ce que l'enquête établira avant peu. Mais nous faisons, sur ce point, toutes nos réserves. Les opérations judiciaires de ce matin M. Faralicq, commissaire à la direction de la police judiciaire, accompagné de l'inspecteur Bethuel, s'est rendu ce matin, 10, rue de Richelieu, où il a d'abord fait photographier les empreintes par le service de l'identité judiciaire. Cette opération une fois terminée, l'habile magistrat a reçu la visite de deux jeunes gens de l'entourage de M. Baziliondis, avec lesquels il s'est entretenu plus d'une demi-heure. Après quoi M. Faralicq et l'inspecteur Bethuel ont procédé à une perquisition minutieuse dans l'appartement de la victime, perquisition au cours de laquelle ils ont saisi une volumineuse correspondance qu'ils ont emportée quai des Orfèvres pour l'étudier plus minutieusement encore. À sa sortie de l'appartement de M. Baziliondis, M. Faralicq ne nous a pas caché qu'il n'avait pas perdu sa matinée et que, dans les papiers de la victime, il avait découvert une correspondance des plus intéressantes, discret comme de coutume, il s'est refusé à nous en dire davantage, mais tout dans son attitude semblait témoigner qu’il coumnençait à voir clair dans cette ténébreuse affaire. Le coffre-fort Il reste maintenant à ouvrir le coffre-fort que M. Baziliondis possédait dans une grande société de crédit. M. Faralics. qui semble tenir le fil conducteur de l'affaire, y découvrira peut-être la clef de cette mort mystérieuse. Dans l'entourage de l'avocat, il est question d'un testament qui y serait déposé et dont la lecture pourrait être d'un grand secours à la suite de l'enquête. En tout état de cause, on peut s'attendre, avant quarante-huit heures, à un coup de théâtre. |







































































