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L'eau sale qui croupit ! aux bassins et squares est un danger public. Le square des Arts-et-Métiers est riche de quelques beaux arbres et de deux bassins rectangulaires. De la verdure et de l'eau, ne voilà-t-il pas de quoi réjouir, par la canicule, les habitants du quartier. Or les mères de famille qui, faute de mieux, conduisent leurs enfants en vacances dans le square des Arts-et-Métiers ne sont pas contentes. Dans les bassins, au lieu qu'une eau fraîche et limpide gaiement murmure, une onde morte et couleur d'eau de vaisselle croupit sous le soleil. On la pourrait écumer à la fourche, car la pourriture s'y accumule. En. vérité, rien n'est plus triste pour l'œil et pour l'odorat que ces pièces d'eau ornées de femmes de bronze accroupies, porteuses de lyres où de cornes d’abondance et qui paraissent vêtues de crottes d’oiseaux. Ces nymphes attendent vainement que jaillissent au-dessus de leurs têtes les jets bienfaisants. A l'heure où tous les bassins de Paris devraient jouer les grandes eaux, tous les bassins de Paris seraient mis, par ordre de l'Administration, au régime sec. Si on ne peut gaspiller un peu d'eau pour renouveler celle des bassins des squares, qu'on les assèche complètement et qu'on les transforme en jardinières. Les familiers des squares voudraient bien ne pas risquer d'attraper la fièvre des marais quand ils goûtent l'ombre des arbres, et l'odeur des maigres massifs leur suffirait. |
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