| Le Grand Écho du Nord 12 juillet 1923 (art. page une) |
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LA CHAMBRE aborde l'examen du projet de loi sur les assurances sociales Paris, 10, — La Chambre, dans sa séance de l'après-midi, aborde la discussion du projet de loi sur les assurances sociales. On se souvient que Ie « Grand Echo, dans une longue interview de M. Daniel Vincent a déjà exposé les principes de cette loi La protection de la famille M. Grinda donne ensuite de longues explications sur le mécanisme de la loi et indique les différentes méthodes de réaliser l’assurance obligatoire contre les divers risques qui menacent le travailleur. Il montre que du point de vue social il est impossible d'organiser une assurance contre la maladie qui ne soit pas complétés par une assurance contre l'invalidité non plus qu'une assurance contre l’invalidité sans une Assurance vieillesse. La participation de l'Etat Le rapporteur expose ensuite les conditions de la gérance des caisses d'assurances et leur fonctionnement. Les caisses seront administrées par les intéressés eux-mêmes et jouiront d'une large autonomie. Elles seront alimentées pour la plus grande part par les cotisations des employeurs et des travailleurs. La participation de l'Etat sera limité dans son objet et dans son étendue. D'ailleurs, pour mettre les finances publiques à l'abri de tout aléa il a été décidé que la caisse générale de garantie, en cas d'insuffisance de sa trésorerie, aurait recours à des emprunts au fonds des capitalisations. L'orateur fixe à 275 millions au maximum pour l’année où les frais seront le plus élevés, l'aide financière que l’État devra consentir aux assurances sociales. Ces charges diminueront, d'ailleurs, progressivement. Les catégories d'assurés Après une suspension de séance, M. Grinda indique que la réforme prévoit deux catégories d'assurés : les obligatoires et les facultatifs. Les assurés obligatoires sont ceux dont le salaire ne dépasse pas 10.000 fr., pour ceux qui n'ont pas d'enfant avec une majoration de 2.000 francs par enfant à la charge de l'assuré. On chiffre à 12 millions le nombre des bénéficiaires de cette catégorie, y compris les femmes et les enfants. Les assurances sociales engloberont donc comme assurés obligatoires tous les salariés français de l'un et l’autre sexe, dont la rémunération n'excède pas 10.000 francs, sans compter les majorations pour enfants, à l'exclusion des salariés bénéficiant actuellement de régimes spéciaux et dont le statut sera ultérieurement élaboré. L'âge d'entrée limite dans l'assurance est fixé à 60 ans. Ne sont accepté dans l'assurance facultative que les travailleurs indépendants, fermiers, cultivateurs, métayers, artisans, petits patrons, travailleurs intellectuels non salariés et d'une manière générale tous ceux qui, sans être salariés, vivent principalement du produit de leur travail. Les assurés facultatifs sont admis dans les mêmes conditions que les assurés obligatoires : 10.000 francs par an, plus une majoration éventuelle de 2.000 francs par enfant. Le taux de la cotisation entièrement payé par l'assureur sera de 10 % du revenu. Un régime de faveur est accordé : 1° A ceux qui, avant le vote de Ia loi, avaient déja fait acte de prévoyance : les mutualistes et assurés des retraites ouvrières et paysannes : 2°Les anciens combattants. La situation des femmes des assurés Une situation spéciale est faite aux femmes non salariées des assurés. Celles de ces femmes qui demanderont leur inscription dans les règles prévues auront droit, pour une cotisation uniforme, fixée à 120 francs par an : 1° En cas de maladie, pendant les premiers six mois, aux soins et médicaments ; si la maladie entraîne une incapacité totale de vaquer aux soins du ménage pendant les cinq premières années, à l'aliocation mensuelle de 45 francs, et à l’expiration de cette période, à une pension d'invalidité de 500 francs réductible. 2° En cas de maternité : aux soins pendant la grossesse, et pendant l'accouchement, à une indemnité journalière éventuelle de 1,75 fr La femme reçoit, en outre une allocation d'allaitement. D'autres avantages, de moindre importance, sont également accordés aux femmes d'assureurs non salariés. Le Rapporteur arrive à sa conclusion ! — |
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