|
Intermédiaires Puisqu'il est mort, il ne pourra pas montrer son étonnement, mais sans doute Ali bey Fatmy n'aurait pas appris sans chagrin qu'un de ses bons amis touchai la forte commission sur des achats qu'il avait faits. Il faut bien que tout le monde vive et Dieu sait que le métier d’intermédiaire n’est pas déshonorant ; l'exemple vient de M. de Courpière qui ne croyait pas déroger on faisant vendre des antiquités et des portraits de famille que des fournisseurs attitrés renouvelaient à chaque occasion dans son appartement. Je passe pour imbécile auprès d’un de mes amis. Il a acheté, l’an dernier, une automobile et le marchand, que je connaissais, m'a fait tenir trois mille francs. Tout gonflé d’honnêteté et de joie, je suis allé chez l'acheteur à qui j’ai remis l'argent. Il a glissé les billets dans son portefeuille et il m'a demandé en souriant : — Combien t'a donné le vendeur ? — Mais les trois mille francs que je viens de te remettre. Il à haussé les épaules et m'a donné une petite tape sur le ventre — Pas à moi! tu serais trop bête ! Tous mes serments ne l’ont convaincu que de ma sottise. Au fond, ce sont les types dans mon genre qui doivent avoir tort. En un temps où la moindre transaction laisse des bénéfices à deux ou trois intermédiaires, nous ne sommes pas d'époque avec nos scrupules et nos délicatesses d'anciens pauvres, qui s’obstinent à ne pas vouloir s’enrichir. — D. |
- Détails







































































