| L'Oeuvre 26 juillet 1923 (art. page une) |
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CONTRIBUABLES, À VOS POCHES On veut élargir le Pont de la Concorde pour ne pas gêner l'exposition L'Œuvre reproduisait hier les précisions qu'avait tenu à lui donner le comité de la presse de la future Exposition des Arts Décoratifs : « Il n'y a qu'un seul pont, le pont Alexandre IIJ, qui doive être englobé dans l'exposition, et ce pendant sept mois, d'avril à octobre 1925. » C’est encore trop, disions-nous. Qu'on en juge par ces explications fournies au Conseil municipal par M. Naudin, préfet de police, au lendemain du jour où les conseillers ont consenti sans débat de nouveaux empiètements aux organisateurs de l’exposition. — Vous aviez réservé, a-t-il dit, le passage du pont Alexandre IIl aux piétons et vous aviez décidé que la circulation publique resterait assurée sur les quais. En approuvant l'avenant qui vous a été soumis hier, vous êtes revenus sur cette décision et, à l'heure actuelle, il n'y aura plus de circulation possible sur Le pont Alexandre IlI, complètement enfermé dans l'exposition, et plus de circulation autorisée sur les quais. La gêne qui résultera pour le public de l'interdiction de circuler sur les quais pendant plusieurs mois, il n’est pas besoin de la mettre en relief ; chacun la comprend, les conseillers seuls et le ministre des travaux publics, qui, insista pour que cette interdiction fût faite, semblent ne pas s'en rendre compte. D'ailleurs, nous reviendrons.sur ce point. Pour le pont Alexandre III, M. Naudin a précisé, en dehors de la gêne pour le public, occasionnée par son accaparement, les conséquences qui en résulteraient pour la circulation. Il passe journellement 11.000 voitures sur le pont Alexandre III Conclusion : il est question d'élargir le pont de la Concorde. C'est tout ce qu'on a trouvé. Pas un instant, le Conseil n'a songé, en présence des difficultés qui lui Nous sommes d'accord pour reconnaître l'intérêt que peut présenter l'Exposition des Arts Décoratifs, mais qu'on la fasse ailleurs. L'intérêt qui prime tous les autres est celui des habitants de Paris. Or, de celui-ci, on n’a cure. Et lorsque l’Exposition des Arts Décoratifs en aura terminé, C'est l'Exposition Coloniale qui reprendra les mêmes emplacements, dans les mêmes conditions ? C’est inadmissible. Des pétitions circulent dans tous les quartiers intéressés pour protester contre l'invraisemblable décision du Conseil municipal. Nous ne savons trop si elles produiront un heureux résultat, car la majorité actuelle de l'Hôtel de Ville semble beaucoup plus portée à satisfaire les désirs de quelques consortiums financiers qu’à protéger les intérêts les plus légitimes de la population. HENRY MONTAZEL |
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