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Pour protéger la nature. Un congrès s'ouvre aujourd’hui au Jardin des Plantes Le « Congrès international pour la protection de la nature — un joli titre pour un congrès — s'ouvre aujourd'hui au Jardin des Plantes. La nature a donc besoin d’être protégée ? Eh oui, les faits qu'apportent les congressistes en leur serviette, le prouvent abondamment. L'homme est un terrible destructeur. Il détruit sans créer. La flore et surtout la faune d’un pays seraient inévitablement appelées à disparaître s’il n'existait des réserves naturelles. Celles-ci, en certaines occasions, sont insuffisantes pour. combattre le mal, et c'est pourquoi un congrès se réunit aujourd'hui pour tâcher de créer à côté de ces réserves naturelles, des réserves artificielles où les espèces menacées pourront se reproduire en toute sécurité. Les chasseurs savent par expérience que le danger que le congrès du Jardin des Plantes signale n’est pas un danger vain. Quel est le nemrod qui ne s’est plaint de la disparition progressive du gibier en France ? Quel est celui qui n’a entendu vanter par ses aînés les beaux tableaux de chasse d’il y a quelque vingt ans. Et c'est justement parce que les réserves naturelles que possède la France sont aujourd’hui violées par la troupe des chasseurs, de plus en plus nombreux, qu'il y a moins de gibier qu'il y a vingt ans, que le perdreau sera l'oiseau rare dans quelques années s’il n’y est mis bon ordre. Ce qui se produit en France pour la perdrix ou pour le lièvre se produit ailleurs pour d'autres espèces. ; M. Carié, président de la Société nationale d'acclimatation de France », signale que sans la réserve qu’il a créée à l'ile Maurice, une espèce de pigeons aurait complètement disparu. Le remède est donc dans la création de réserves. On entend par réserves de grands territoires où il est interdit de chasser. On peut peupler ces territoires des animaux dont le nombre est raréfié. On peut même, si ces animaux y existent naturellement, le garder simplement contre les incursions des braconniers. T1 serait fort facile en France de marquer dans chaque commune une réserve. Il n’est pas un vrai chasseur qui n’applaudisse à pareille initiative. Cette réserve serait déplacée chaque année, Ce serait en moyenne 60 hectares de bois et de plaine dans lesquels il serait interdit de chasser. Le gibier ne serait pas long à connaître Les sociétés de chasse ont ici à intervenir pour conseiller et imposer au besoin pareille restriction. Il est grand temps d'agir. — KR. D. |
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