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Les affinités politiques dans les sports La politique est un sport bien français. On en a mis partout, même dans le monde sportif, qui ne demandait rien de plus que de vivre en paix, allégé des charges fiscales, protégé des Dieux de la guerre et de l'instruction publique, pourvu de vastes espaces et doté de généreuses subventions. La politique a fait son entrée dans le monde sportif par différentes portes, malgré la garde qui veillait aux barrières. On a discuté sur les patronages catholiques. Dans le même temps où ceux-ci triomphaient au Champ-de-Mars, comme l'on sait, les socialistes sportifs se battaient à Montreuil-sous-Bois. La Fédération Sportive du Travail, groupement d’affinités, a été d'abord prise d'assaut par l’armée rouge, que représentaient, dit-on, un envoyé spécial de Moscou, et les sportifs d'opinion communiste. Après l'assaut, les communistes se replièrent et les sportifs socialistes, qui n’avaient point perdu le nord, s'organisèrent en plein congrès, de telle façon que la Fédération Sportive du Travail est restée dans leurs mains. Ces socialistes sportifs comptent développer, sous l'égide de la F.S.T. une libre action de propagande en faveur de l'éducation physique dans les milieux ouvriers, en laissant de côté les préoccupations de l'Internationale rouge et les rêves tumultueux de la Section française du communisme interplanétaire. Ainsi la politique, malgré les précautions, se glisse partout. Je voudrais rappeler aux amis de l'éducation physique et aux sportifs que nous avons présentement d'autres chiens à fouetter. Que l’on soit de droite ou de gauche, une idée commune est capable de réunir les bonnes volontés. Cette idée ne serait-elle pas par hasard le sentiment qu'éprouvent les hommes de la nécessité de l'exercice physique, entretenant le corps humain et formant l'âme en vue des combats de la vie. Le sport peut-il être religieux, libre penseur, radical, socialiste ou communiste ? Peut-être. Mais ne sait-on pas plutôt le considérer tout bonnement comme un élément de progrès social et de paix internationale ? L'idée sportive a une valeur propre, intrinsèque, indépendante des convictions, des espoirs civiques et des ambitions de l'esprit. Sans doute, l'idée sportive peut être muée par des leviers différents. Plus les leviers seront nombreux et plus nous aurons de chances de voir triompher l'idée. Le sectarisme en sport est une folie, on ne peut pas empêcher les gens de penser, pas plus qu'il ne peut être question de les priver de la vue, du goût. de l'odorat et du toucher. Le sixième sens, non compris dans l'énumération, doit être le bon. Et le bon sens, croyons-nous, commande d'être tolérant vis-à-vis de ceux qui cherchent le bien, quelles que soient leurs tendances et leurs affinités. Marcel DELARBRE. |
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