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Le Petit Écho de la mode 27 avril 1924


au fil des jours 1°- l'âge d'or... de la ménagère

Au Fil des Jours

L'age d'or. On se console comme on peut par ce temps de vie chère, il n'est donc peut-être pas superflu d'évoquer d'autres époques plus fortunées, qui étaient l'âge d'or de la ménagère. Je parle notamment du moyen âge, où tout vraiment était pour rien.

Une paire de poulets valait deux sous; une couple d'oies, quatre Sous; un chevreau trois sous, moins un denier; un faisan, trois sous; un lapin, deux sous et six deniers; un lièvre, deux sous; un porc, vingt sous; un boeuf, cent sous! Le reste à Il est juste d'ajouter que les salaires étaient établis en conséquence, de sorte que, tout l'artisan, l'employé, les petits bourgeois se compte fait, et personne ne roulant sur l'or, heurtaient probablement aux mêmes difficultés matérielles qu'aujourd'hui. Ces prix s'élevèrent d'ailleurs progressivement au cours des siècles suivants. En 1644, le bœuf ne coûte que 6 sols la livre; en 1711, il se vend 10 sols, 12 en 1715 et 14 en 1720. Du commencement à la fin du dix-huitième siècle, le prix de la viande doublera. A quoi je vous entends rétorquer, chère lectrice, qu'en quelques années nous l'avons vu tripler et quadrupler.

Que de chiens! : Savez-vous un pays où le chien ne passe pas pour le meilleur ami de l'homme? Je n'en connais point pour ma part. Car le chien a cela de particulier qu'il comporte assez d'espèces pour s'adapter à n'importe quel milieu, et la diversité même de ces espèces (indépendamment de quelques traits qui leur sont communs, comme l'instinct de cohabitation avec l'homme et la fidélité) fait qu'elle le rend apte à toutes sortes de services

Mais savez-vous quel est le pays qui, par rapport à sa population, compte le plus de chiens? Ce n'est pas l'Allemagne, où il n'y en a guère plus d'un million. Ni la France qui en a près de 3 millions. Ni même l'Angleterre, où l'on en a dénombré 3.750.000 au dernier recensement. Ce ne sont pas non plus les Etats-Unis qui en comptent pourtant 6 ou 7 millions pour leur part. Non! c'est le Canada et plus spécialement le nord-ouest canadien, où ils sont dans la proportion de trois par habitant. Ni plus, ni moins. Et cela s'explique à la réflexion, car, dans cette région, l'hiver est aussi long que rigoureux et aucune autre bête de trait n'y résiste comme le chien-loup, domestiqué pour les besoins de la cause.

De l'utilisation des souris. Voulez-vous filer vous-même votre coton? Voici un procédé dont on dit grand bien, en Angleterre, encore que la chose ait tout l'air d'une jolie mystification à la Twain.

Il s'agit d'abord de capturer un certain nombre de souris. Cela fait, on enferme ces rongeurs dans des sortes de petites cages motrices, du genre des roues d'écureuil. Désireuses de s'évader, les bestioles trottinent, trottinent, faisant tourner leurs machines et filant ainsi chacune pas mal de fils de coton. Leur nourriture ne revient pas trop cher. Un peu de farine d'avoine y suffit. Ci: environ deux francs cinquante par souris et par an. Le produit de leur industrie atteignant trente-cinq francs par souris et par an, on voit que, défalcation faite des frais de nourriture et d'entretien, il reste un joli bénéfice et que c'est bien tentant!
Gageons, néanmoins, qu'il ne se trouvera pas beaucoup d'amateurs en France pour s'ingénier à faire fortune d'aussi bizarre façon !

L'élevage des papillons. C'est dans le Midi que prospère cette branche nouvelle du fermage national. On y élève les papillons, comme on y élève les vers à soie, d'une manière toute scientifique et aux fins d'obtenir, par de judicieux croisements, de nombreuses variétés qui n'existent pas à l'état naturel et dont les spécimens, aussi rares que magnifiques, sont avidement recherchés par les collectionneurs. Cet élevage spécial demande des connaissances et des soins particuliers. Il se pratique dans de petits parcs où croissent toutes sortes de fleurs et d'arbres favorables à la ponte, comme au développement de l'espèce.

Les papillons déposent en effet leurs œufs sur certaines feuilles. Juste après l'éclosion, on coupe les rameaux où viennent de naître les jeunes chenilles et on les transporte dans une pièce bien aérée où ils sont mis dans des vases pleins d'eau. Par la suite, ces rameaux sont remplacés au fur et à mesure que les chenilles en mangent les feuilles. Au bout de deux semaines, les chenilles, assez robustes pour résister aux intempéries, sont livrées à elles-mêmes. C'est-à-dire qu'on les met sur les plantes du parc, à l'abri de filets destinés à les protéger des oiseaux qui, autrement, n'en feraient qu'une bouchée. Plus tard, elles feront leur cocon ou s'enrouleront dans une feuille. On les recueillera alors de nouveau pour les déposer dans des cases où s'opérera la métamorphose et d'où s'envoleront bientôt de superbes papillons aux ailes merveilleusement diaprées.

CLÉGUER.


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