| Le Figaro 24 février 1924 |
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LES DEBUTS DU CONFORT MODERNE
Aussi bien que celle de nos sentiments, on trouverait chez eux l'histoire de nos moeurs. Qui ignore, par exemple, que l'œuvre de Balzac est un merveilleux trésor anecdotiques? MM. Henri Bachelin et Henri Dumesnil le démontreraient, s'il en était besoin, en étudiant, dans la Revue de Paris, comment la «Comédie Humaine » permet de dater assez exactement les origines des influences étrangères qui, vers le milieu du siècle dernier, bouleversèrent les habitudes françaises. On sait en gros que le « confort moderne » nous est venu d'Angleterre quand le mot et la chose se sont-ils acclimatés à Paris ? Balzac répond:
Il note minutieusement ces progrès.. Dans la Peau de Chagrin, Raphaël de Valentin pénétrant chez la comtesse de Fodora, en 1827, monte un escalier où il remarque « toutes les recherches du confort anglais. Chaque pièce a, comme chez les Anglais les plus opulents, son caractère particulier. » Cet amour du bien-être ne se trouve point seulement dans les hôtels aristocratiques. Dès 1816, on peut voir à Paris dans « quelques maisons nouvellement bâties, de ces appartements qui semblent faits exprès pour que de nouveaux mariés y passent leur lune de miel ». Là, tout est frais et commode. Une, simple et fraîche antichambre, revêtue en stuc à hauteur d'appui, donne entrée dans un salon et dans une petite salle à manger. Le salon communique à une jolie chambre à coucher à laquelle est attenante une salle de bains...» Cet appartement, rue Taitbout, est celui où le comte de Granville installe sa maîtresse, Caroline Crochard. (Une Double Famille)... Balzac, ainsi, est plus qu'un romancier, plus même qu'un historien: un historiographe. Nous retrouvons en lui les origines de nos tics et de nos manies. |







































































