| Excelsior 29 février 1924 |
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UNE REVENDICATION DES APACHES
Quand, aux Etats-Unis, un étranger veut voir des Indiens, choisis parmi ceux qui sont restés le plus près de leur état primitif, on le conduit généralement chez les Apaches.
Est-ce parce qu'on a donné leur nom, plus ou moins justement, aux voleurs et aux assassins de nos grandes villes? Toujours est-il que ce n'est pas sans émoi qu'un Européen rend visite à ces Peaux-Rouges redoutables.
Les Apaches ne sont plus très nombreux. En janvier dernier on en comptait à peine deux mille cinq cents. Ont-ils des sentiments plus sauvages que les autres Indiens? Montrent-ils des mines plus féroces? Les Espagnols, contre qui jadis ils se sont battus sans pitié, peuvent seuls le prétendre.
En réalité, les Apaches d'aujourd'hui sont des personnages extrêmement civilisés, possédant même une véritable culture. En maintes circonstances, ils l'ont prouvé au gouvernement des Etats-Unis. Ils espèrent en ce moment qu'on voudra bien leur en tenir compte pour réaliser un de leurs rêves.
Actuellement ils habitent sous des tentes, ornées de trophées de chasse, et des huttes de terre bariolée. Au point de vue pittoresque, pour les étrangers, c'est très joli. Il paraît qu'au point de vue pratique, pour les Apaches, c'est beaucoup moins confortable.
Dans la saison des pluies, CEil-de-Vautour et le Grand- Elan-Blanc souffrent de rhumatismes. Ils demandent en grâce qu'on leur construise des immeubles modernes. Ils veulent des murs solides, un toit imperméable, le chauffage central et l'électricité. Ils ne parlent pas encore de supprimer leurs costumes, mais ils constateront bientôt qu'il est peu commode d'avoir de longues plumes sur la tête pour prendre l'ascenseur. Ils supprimeront alors leurs coiffures guerrières...
Ainsi, peu à peu, disparaît ce qui faisait le charme des voyages! C'est peut-être pour un bien. Les voyages à présent coûtent si cher !
ALBERT ACREMANT.
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